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Batman : The Dark Knight HC

lundi 23 avril 2012, par Mathieu Doublet

(DC Comics / David Finch & Grant Morrison / David Finch & Jason Fabok)

Ce recueil contient :
- Batman : The Dark Knight #1-5 (tous les numéros pré-reboot The New 52)
- Batman : The Return
- un très court extrait (2 pages) de Superman / Batman #75

Dawn Golden est une petite fille qui a accompagné Bruce Wayne pendant quelques après-midi où leurs pères respectifs faisaient des affaires. Sauf que la petite Dawn, bien qu’elle fascine énormément Bruce, est
tout de même une petite peste, peut-être parce que son père est adepte d’une discipline assez rude. Du coup, quand des années plus tard, Dawn est enlevée, Batman ne peut pas passer à côté de l’affaire, tandis que le GCPD est lui aussi harcelé par les médias puisque la maintenant jeune femme est une aristocrate de Gotham. Autant dire que le maire ne va pas tarder à mettre la pression sur Jim Gordon qui va aussi être la cible d’un policier carriériste. Parallèlement à tout cela, des sans-abris disparaissent sans laisser de traces ...

Alors alors alors. David Finch, dessinateur célèbre pour ses séries qu’il débute mais ne termine pas même simplement en tant que scénariste (cf Aphrodite IX), vient de quitter Marvel pour DC Comics. C’est qu’il faut rentabiliser l’artiste et passées quelques couvertures, lui offrir l’opportunité de créer, d’écrire. Ca tombe bien, Grant Morrison vient de finir le retour de Bruce Wayne et de créer Batman Incorporated. Du coup, Finch va s’en donner à coeur joie et avoir la chance de scénariser le Batman relativement classique, comprendre par là que c’est Bruce Wayne qui est sous le masque. Alors, classique d’accord, mais classique au sens de l’époque Millerienne de Batman. Le sous-titre "The Dark Knight" n’est pas usurpé et le scénario de Finch va tenter de coller au climat très glauque et très violent de Gotham City. A l’éqpoue Millerienne, on trouvera un Batman très sombre, très violent, très ûber-Batman, bref, le concept du justicier poussé jusqu’au bout, pas jusqu’à atteindre le Punisher mais presque (même si un petit côté de l’intrigue permet d’expliquer l’accès soudain de rage d’un Batman qui a finalement du mal à se contrôler) ... Et à ce côté très urbain, il va coller une dimension ésotérique avec l’apparition de démons.
Le souci, c’est que Finch va prendre du retard comme à son habitude et qu’il arrive aux alentours de The New 52. Du coup, presque toutes ses intrigues sont incomplètes : une jeune fille très douée en hack se verra servir Batman mais on n’en saura pas plus tandis qu’Etrigan retourne sa veste aussi rapidement qu’il est apparu, sans parler des troubles soudains de Jason Blood ou de l’histoire concernant Jim Gordon qui est tout simplement laissé en plan. On ne comprend pas non plus l’engouement entier de Bruce Wayne pour la jeune fille à sauver (des filles, il en a eu dans sa vie et ce côté du personnage est nettement mieux développé dans le dernier recueil de Batman & Robin : Dark Knight, White Knight) ni ce que viennent faire un Killer Croc surboosté et le Pingouin, si ce n’est tenter l’approche systématique de personnages "à la Hush". Et pour finir, amis de la continuité DC, il vous faudra chercher dans vos archives pour savoir comment Ragman est passé du Shadowpact à la créature infernale mise en scène ici (quand vous aurez trouvé, vous pourrez m’expliquer en commentaire à la fin de l’article, merci).

Si David Finch est embauché par DC, c’est bien que le dessinateur doit produire des planches. Et il fournit du boulot assez solide avec de la patate et des cases vraiment détaillées. Mais passé trois numéros, il
faut qu’il passe la main. Jason Fabok vient plus ou moins de la même école que Finch, sauf qu’il passera par la case "Aspen" plutôt que Top Cow. Quelques numéros de Teen Titans et Superman / Batman achèveront à lui faire une petite place. Si Fabok rejoint Finch, c’est bien que les dessinateurs ont des styles qui se ressemblent. Si l’illusion peut tenir sur une lecture rapide, on remarque assez rapidement que le jeune dessinateur n’a pas autant d’expérience que son "maître". On remarque aussi que les pages sont plus classiquement mises en scène avec un découpage nettement plus classique et du coup, plus lisible.

The Dark Knight connaît donc le funeste destin des séries laissées en charge à des personnes connues pour être à la bourre. Il est donc tout naturel d’avoir quelque chose d’incomplet avec des démons plus ou moins justifiés au niveau du scènar’ même si une ambiance plus inquiétante et moins grand-guignolesque aurait été nettement plus sympa. Pour fans de David Finch donc.


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