mardi 13 mars 2012, par
(Image Comics / Jimmy Palmiotti / Artiz Eiguren)
Lu en version numérique.

Ginger est une jeune femme qui a choisi d’assumer pas mal de choses dans sa vie : elle a un partenaire sexuel régulier mais elle va se marier avec un autre, elle déteste son job et sa boss mais doit bien payer son loyer et finit dans une espèce de relation de soumission dans laquelle elle réussit tout de même à trouver son compte. Elle prend vraiment sur elle, quand le soir de son mariage, son mari la quitte pour passer la nuit au chevet d’une femme qui a eu un grave accident, le fait que cette femme soit aussi sa maîtresse étant un détail négligeable. Bref, ça n’est pas terrible terrible pour la concrétisation d’une histoire d’amour, mais quand son mari la fait passer par dessus bord lors de leur nuit de miel, ça devient carrément pénible. Heureusement pour Ginger, elle n’est pas seule au fond de l’eau. Tant pis pour elle, si quand elle se réveille, elle a des pinces de crabe à la place des bras, elle est en vie, c’est déjà ça.
Jimmy Palmiotti est un scénariste très prolixe aussi bien sur des franchises établies (chez DC avec Hawkman, Jonah Hex, les Freedom Fighters ou encore The Ray) que sur des oeuvres en creator-owned (Random Acts of Violence, Trailblazer, The Last Resort, The Resistance, Back to Brooklyn). Si il est souvent associé à Justin Gray, le scénariste fait parfois du travail en solo (Flashpoint : Deathstroke) et c’est le cas pour Queen Crab qui démarre comme un projet Kickstarter. Comme beaucoup d’autres titres de l’auteur, Queen Crab est un récit de genre, à classer cette fois-ci dans le rayon "vengeance" avec une base fantastique assez prononcée et assez étrange. Il faut donc établir le personnage principal, nous faire comprendre dans quel état elle se trouve, lui faire découvrir le pot aux roses un peu tard puis lui permettre d’exercer le bon vieux "oeil pour oeil, dent pour dent". Mais le récit ne s’arrête pas là et c’est certainement l’une des très bonnes idées de Palmiotti : une fois la vengeance exercée, son personnage n’en est pas moins sortie des ennuis, il lui faut donc trouver une solution pour continuer son existence. Si le plus mystérieux de l’affaire n’est pas résolu (et laisse la porte ouverte à une suite), le récit est complet et possède une fin satisfaisante.
Artiz Eiguren est un artiste qui a essentiellement participer aux anthologies proposées par Boom ! (Chthulu Tales, Zombie Tales, Pirate Tales) et le voilà en charge de 48 pages de bande dessinée sur les 64 qui composent le bouquin. La narration est solide malgré un nombre de cases assez peu élevé par planches (j’en ai compté 7 au maximum), ce qui fait qu’on ne peine jamais à lire l’histoire. Si l’artiste n’est pas très productif en ce qui concerne les décors, il maîtrise suffisamment bien la colorisation et les effets numériques pour que l’effet de vide ne soit jamais présent. De quoi aussi rehausser ses personnages qui ont souvent une allure générale très satisfaisante mais qui ne m’ont pas beaucoup séduit une fois que je me suis apesenti dessus. Chacun d’entre eux est bien repérable, a ses propres expressions souvent réussies mais est dessiné avec un style très souple. Au final, le résultat est tout à fait honorable mais n’a provoqué de coup de foudre chez moi.
Queen Crab est donc un pur récit "à la Palmiotti" : solide, carré, logique, avec des petits éléments qui relèvent la sauce et des filles nues. un peu comme pour The Tattered Man ou encore Trailblazer, on aimerait en avoir plus, en savoir plus sur Ginger et le fond du problème. De quoi laisser la porte ouverte à Palmiotti : si le bouquin marche bien, nul doute qu’une suite paraîtra.
Pour acheter ce livre : (dispo en comic-shop le 14 mars)
En VO :
Sur Amazon.com : (étrangement peu cher, profitez-en)
Sur Amazon.fr :