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OMAC #1-8

dimanche 6 mai 2007, par Mathieu Doublet

(DC / Bruce Jones / Renato Guedes, Carlos Magno & Allan Goldman)

Cette mini série n’est pas encore prévue en TPB par DC. Si un TPB était envisagé, nul doute qu’il contiendrait les huit numéros dont je vais vous parler ainsi que le récit de huit pages inclus dans le one-shot Brave New World.

Léger spoiler pour les lecteurs français d’Infinite Crisis.


Vous vous en doutiez : le satellite Brother Eye n’est pas tout à fait mort. Il reste suffisamment de hardware au satellite espion pour relancer la machine. Il lui reste à retrouver un soldat OMAC pour reprendre sa tâche de destruction massive de super-héros. Or, ceux-ci semblent tous être détruits.

Mais c’est sans compter la petite ruse de Brother Eye qui a gardé un atout dans sa manche. Cet atout s’appelle Michael Costner, c’est un jeune adulte, voleur à la tire et drogué fréquent. Drôle d’atout mais c’est bien le seul qu’il reste au satellite puisqu’il n’avait pas encore activé le nano-virus chez le jeune homme. Il est donc temps de réveiller son hôte qui va devoir l’aider à se reconstruire de force ou de gré. Mais alors que le soldat OMAC s’active, Brother Eye est bien obligé de se rendre à l’évidence que tout ne fonctionne pas parfaitement.

Bruce Jones est un scénariste qui est très fluctuant. Son run sur Incredible Hulk a très bonne presse ce qui est loin d’être le cas avec son run sur Nightwing éOne year Later » qui était franchement mauvais. Reprendre le concept de l’OMAC project alors que celui-ci semblait bel et bien enterré de donner pas de quoi sauter de joie au plafond. Et pourtant Jones réussit à livrer une mini série intéressante surtout grâce à son personnage principal, Michael Costner, qui va peu à peu se rendre compte de ce qu’il se passe. Le conflit entre l’humain et la machine imparfaite est bien rendu. Le personnage secondaire qui va suivre Michael pendant un petit bout de chemin, une strip-teaseuse du nom de Vienna, est elle aussi joliment dépeinte et attachante.

Malheureusement, aux trois-quarts de la mini-série, Jones s’enlise dans un délire rêve / réalité / transmission de pensées qui n’est pas des plus clairs. Allez savoir si c’est cet enlisement qui mine le scénariste mais celui-ci choisit de conclure son bouquin sur une fin dramatique qui tombe un peu dans le panneau de la pleurnicherie à la guimauve. D’autant que Jones se permet aussi une porte de sortie, laissant à DC la possibilité de relancer la franchise. Cette porte de secours était tout aussi valable et plus intéressante s’il avait choisit une fin peut-être plus conventionnelle et optimiste.

Graphiquement, c’est quasi le bonheur complet. Car c’est Renato Guedes, qu’on a pu apprécier sur Adventures of Superman, qui se charge de magnifiques planches dessinées, encrées et colorisées par ses soins. Le travail est propre, sûr et soigné. Du très bon boulot mais qui visiblement dépasse les deadlines et le rythme mensuel. Il est donc remplacé par Carlos Magno sur un numéro qui a au moins le mérite de dessiner dans un style assez proche. Ce qui est moins le cas du dernier numéro, signé Allan Goldman, qui sans être mauvais n’arrive pas à la cheville du dessinateur de départ. Mauvaise décision de la part de l’éditeur Matt Idleson qui aurait dû répartir la tâche autrement laissant au moins au dernier numéro un graphisme appréciable.

OMAC n’est donc pas entièrement mauvais car son scénario se lit avec plaisir (mis à part la conclusion) et est doté d’un graphisme globalement réjouissant. Ceci étant, il reste très flou sur la réapparition de Brother Eye et n’est pas donc obligatoire pour ceux qui veulent s’accrocher à tout prix à la continuité de l’univers DC.

Chronologie :
-  Brave New World
-  OMAC #1-8

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