jeudi 5 avril 2012, par
(Radical Comics / Steve Pugh d’après une histoire de Warren Ellis)

Alice Hotwire est une exorciste mais aussi un agent de police. Il faut dire que dans l’univers hautement technologique dans lequel elle évolue, les esprits des défunts reviennent parfois sous forme de lumière bleue. Seuls des agents expérimentés peuvent se charger de ce genre d’incidents (quand ils arrivent) et si les cas de possession se traduisaient tous par l’exécution sommaire du corps du malheureux possédé, les journalistes s’en frotteraient les mains. Il faut dire qu’ils ont déjà fort à faire avec les différentes affaires de maltraitance par certains $ officiers qui sont tout de même couverts par leurs supérieurs. Mais quand les choses débordent, ça ne fait pas semblant. Et voilà que la ville est envahie par une émeute populaire qui pourrait faire courir aux civils bien plus de mal que de bien si jamais les fédéraux avaient réellement vent de ce qui se passe. En attendant, Alice Hotwire est chargée d’enquêter sur une lumière bleue de très grande envergure qui possède quasiment toute une famille. Le comportement du poltergeist est tellement étrange que même la jeune exorciste commence à s’inquiéter et pour une cynique comme Hotwire, c’est comme si on menaçait de raser la ville.
Mis à part ses productions Avatar et ses romans, je n’entends pas particulièrement parler de Warren Ellis. Heureusement, il avait réussi à créer une histoire avant le crash de tous ses disques durs et de la confier aux bons soins de Steve Pugh qui l’a prise à son compte, l’a mise en scène, l’a illustrée, tout seul comme un grand. A travers ces quatre numéros, on reconnaît bien l’univers Ellisien avec un mélange d’univers à la technologie exacerbée et en même temps, hautement spirituelle même si gangrénée par la saleté. C’est un peu comme si on était dans la ville de Fell avec des habitants quasi-tous interfacés, une ville parfois rayonnante pour diverses raisons. Pugh arrive a maîtriser cet univers et même à placer quelques petites phrases qui illustrent bien tout ce qui se passe dans cet univers. L’intrigue est à la fois très classique mais en même temps bien développée avec une tension qui grimpe tout au long des quatre numéros. Alice se retrouve avec un autre flic qui ne l’apprécie pas bien sûr et le duo fonctionne tout aussi bien.
Graphiquement, ça claque quelque chose de bien. Pourtant, je ne vous cacherai pas que j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. C’est joli, c’est "lumineux", c’est détaillé mais la mise en page fait qu’on en prend un peu trop dans les yeux. Le fait aussi que de nombreuses cartouches de voix-off ou de hors-champ remplissent les cases ne rend pas la lecture plus aisée. Pour le reste, comme je vous le disais, c’est vraiment très réussi. Steve Pugh fait absolument tout, tout seul, ce qui est un joli tour de force sachant que sa série est au moins aussi bonne sinon plus réussie que la plupart des productions Radical qui emploient des coloristes attitrés.
Requiem for the dead est donc une histoire techno-spirituelle avec une tension policière et sociale très réussie. Steve Pugh a remis le couvert avec une deuxième mini-série appelée Deep Cut. Espérons qu’il réussisse à garder tout le peps de son héroïne et de son univers pourri mais attachant.
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