lundi 5 mars 2012, par
(GG Studio / Guilano Monni & Alessandro Cenni / Gianluca Maconi)

Alonisso et Eleni sont deux jeunes femmes disciples du vieux maître Auraki qu’elles accompagnent pendant tous ses voyages. Si la
seconde est encore très insouciante, Alonisso commence à prendre son rôle d’élève très au sérieux mais son maître ne pense pas que
l’apprentissage se fait en suivant et en regardant mais en suivant sa propre voie. Peut-être a-t-il raison et peut-être que tous les
rêves de la jeune Ajreb sont signes d’un futur à découvrir ?
C’est en rejoignant Eleni dans une bibliothèque et en voyant leur lutin circuit s’illuminer étrangement que le destin d’Alonisso
va radicalement changer. Les Drakah, jeunes femmes aux ailes flashy se comportant comme des insectes, sont bien parties pour raser l’univers.
Qui pourra donc les en empêcher ?
Mediterranea n’est pas un comic-book à proprement parler puisque tous ses auteurs sont italiens. On est donc dans un cas assez particulier de traduction d’une bande dessinée étrangère mais distribuée comme un comic-book. Le studio est aussi responsable d’un Route des Maisons Rouges qui a eu droit à une traduction en français. On ne peut pas vraiment parler de creator-owned non plus puisque ce titre, comme tous ceux du studio, sont majoritairement défini par Guilano Monni et ensuite confié aux bons soins d’un scénariste qui doit développer l’univers et raconter une belle histoire.
En l’occurence, c’est Alessandro Cenni qui s’y colle et on sent rapidement que le découpage n’est pas tout à fait adapté à un format 22 pages. On est plus
dans un format à l’européenne en ce qui concerne le nombre de pages. J’aimerais d’ailleurs avoir l’occasion de regarder une version italienne pour voir si
il y a les mêmes ellipses que dans la version anglophone. Certains passages sont étrangement découpés et on a l’impression de ne pas avoir la totalité
de l’oeuvre. A moins que ce soit simplement une erreur de conception dès le script de départ. Pour le reste, on est dans un récit de fantasy basé plutôt
en Grèce avec des civilisations distinctes (les Arkaios, nains très anciens ; les Arjeb, grosso modo les humains ; les Drakah, ennemis de l’histoires et aussi
des hommes des terres de l’Est, classe humaine légèrement différentes), une menace très dangereuse et une héroïne dont les rêves semblent laisser penser qu’elle
a un destin hors du commun. Rien de bien renversant donc au regard de la bande dessinée européenne.
L’adaptation en anglais tente visiblement de rajouter un côté un peu plus littéraire au bouquin. Le passage à l’anglais a multiplié les mots dans les dialogues et
comme les bulles ne sont pas retouchées en taille, on se retrouve avec des textes de petite taille qu’on pourrait interpréter comme des murmures de la part des personnages.
Si c’est parfois le cas, surtout au début du bouquin, on comprend rapidement qu’il s’agit plus d’une erreur de lettrage et plus une volonté de donner des informations
supplémentaires au lecteur.
Alors quel est l’avantage de Mediterranea ? Les dessins, mes amis, les dessins. Du bon gros fan-service en réalité. Gianluca Maconi conçoit des héroïnes particulièrement girondes dans des poses assez explicites. Les féministes en seront pour leurs frais. Ceci étant au cours des comics, la donne semble changer (on rencontre une île où ce sont les hommes qui sont prostitués et où une femme est la chef proxénète) mais on retrouvera des passages récurrents où Alonisso rencontrera des ennemis qui prendront soin de déchirer ses vêtements. Si au départ, l’artiste cherchera à cacher maladroitement les tétons de son héroïne (ce qui est assez comique), il n’aura plus autant de scrupules durant les numéros 5 et 6 de l’aventure. Si les autres héroïnes sont traitées avec autant d’avantages, cela montre bien la limite de l’adéquation entre dessin et scénario : Eleni parle de la silhouette de sa copine alors qu’elle est elle-même bien dotée par la nature, les deux copines parlent de tenue en cuir censée les protéger alors qu’elle ne couvre à peine plus de peau que leur tenue de départ.
Bref, Mediterranea, c’est surtout l’occasion de lire une aventure standard avec des héroïnes qui font plaisir aux yeux. Espérons simplement que l’histoire se contente des douze numéros prévus pour cette mini-série.
Pour acheter ce livre :
Un TPB était apparemment prévu mais n’a pas encore été publié par GG Studio. Il faut donc se rabattre sur les numéros individuels.
Vous pouvez apparemment lire quelques numéros en ligne ici : numéro 1 sur le site de GG Studio
Le site prétend que la bande dessinée est "manga-like", c’est peut-être vrai mais l’inspiration est tout de même bien intégrée et j’ai trouvé qu’on était plus
dans de l’heroic-fantasy à l’européenne que du manga à la sauce RPG.