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Fear Itself HC

vendredi 17 février 2012, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / Matt Fraction & Ed Brubaker / Stuart Immonen & Scot Eaton)

Ce recueil contient :
- Fear Itself : Book of the Skull
- les sept parties de la mini-série.


S’il y a bien une crapule encore pire que le Crâne Rouge, c’est bien sa fille, Sin. Celle-ci s’allie temporairement avec le Baron Zémo afin de retourner dans une des anciennes cachettes de son cher paternel. Là, elle y trouve un livre qui, pense-t-elle, lui était destinée. En fait, Crâne Rouge n’aurait jamais pu assouvir son rêve car la domination mondiale lui revenait à elle. Et pour bien commencer les choses, en prononçant des paroles magiques, la voilà possédée par une entité ancienne qui n’a qu’un but : réveiller le serpent, le véritable père de toute chose. Et forcément, celui qui a pris ce titre pour lui, qui a crée une palanquée de héros et qui a même crée Asgard, commence à sentir le vent tourner, d’autant que les Asgardiens n’ont pas encore quitté la planète. Alors quand papa Odin décide qu’il faut mettre les voiles, quitte à laisser la Terre en appât king-size, Thor n’est pas forcément d’accord. Une rébellion supplémentaire qui n’est pas vraiment du goût d’Odin. Et les humains dans tout ça ? Autant dire que Steve Rogers, Tony Stark et tous les vengeurs n’en mènent pas large ...

Fear Itself se présente comme le crossover suivant dans la chronologie de Marvel, une succession de crossovers qui, si je ne m’abuse, a démarré avec House of M. Du coup, c’est surtout du côté des Vengeurs qu’on va assister au massacre et au désastre du plus grand méchant jamais créé alors que, vu la taille du mastoc, c’était au moins un crossover qui devait mettre en scène la plupart des grandes équipes du Marvel Universe (ceci étant, c’est peut-être le cas, je n’ai lu aucun tie-in). Matt Fraction suit donc la bonne vieille recette du méchant qui arrive, de sa victoire quasi-parfaite jusqu’à ce que les héros se ressaisissent et mettent une pilée à tous leurs ennemis. Il y a bien entendu la mort surprenante et choquante d’un des héros principaux et voilà le tour est joué, la messe est dite et les ventes ont connu un léger mieux.

Avec du recul, je ne garde pas un mauvais souvenir de Fear Itself malgré le fait que ce soit lent, très lent. En même temps, cela donne un peu d’épaisseur au conflit qui prend tout de même une sacrée dimension. Mais la décompression n’est pas vraiment ce qui est le plus pénible dans toute cette affaire. En fait, c’est le sentiment que même en matière de crossover, les deux grandes compagnies ne peuvent s’empêcher de se copier. En effet, à un certain moment de l’aventure, des personnages sont possédés par d’autres entités magiques ce qui renvoie bien entendu aux quatre cavaliers de l’Apocalypse mais aussi à toute la saga Green Lantern où des personnages sont choisis pour véhiculer certaines émotions. Le côté brillant, électrique, lumineux renforce ce sentiment, l’apparence runique n’étant que cosmétique. Autre point très désagréable : la mort du personnage en question remet en place le status quo habituel et casse la (seule ?) bonne idée de Siege. L’"heroic age" n’aura donc pas duré très très longtemps chez Marvel et se sera révélée comme une énième cascade mercantile plus qu’un véritable changement de cap (sans aller bien sûr jusqu’au reboot à la New 52).

S’il y a quelque chose à sauver de tout ça, ce sont surtout les dessins de Stuart Immonen. Suivant comment on a suivi la carrière du dessinateur, on peut se rendre compte qu’Immonen est un artiste talentueux qui arrive à travailler dans n’importe quel style et à donner une qualité visuelle à l’ensemble très impressionnante. Il faut quand même en avoir sous le capot pour présenter des planches super-héroîques très efficaces et produire des bouquins comme Moving Pictures, 50 reasons to stop sketching at conventions ou encore Superman : Secret Identity. Avec Fear Itself, même si le design de Sin possédée n’est pas ce qui se fait de plus inspiré (elle m’a très fortement rappelée une certaine Lantern Indigo), c’est quand même du travail consciencieux et qui envoie du bois surtout que les personnages mis en scène sont des poids lourds niveau force brute.

Fear Itself est donc comme tous les crossovers récents (mis à part Civil War peut-être) : une aventure standard faite pour augmenter les ventes et redonner un status quo standard pour que personne ne soit perdu, un trop grand changement étant visiblement trop compliqué pour les lecteurs américains. Reste que cette aventure à tout de même fait de très gros dommages collatéraux, c’est en tout cas comme cela que c’est présenté. Je serai très intéressé de voir comment Marvel pourrait gérer une planète Terre à reconstruire avec une perte de population importante. Il y aurait de belles histoires à raconter mais peut-être un peu trop sociologiques pour la Maison des Idées. Dommage.


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La mini-série est parue dans la revue kiosque du même nom chez Panini.