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The Stuff of Legend, Volume 1 : The Dark

samedi 11 février 2012, par Mathieu Doublet

(Th3rd World Studios / Mike Raicht & Brian Smith / Charles Paul Wilson III)

Le recueil reprend bien les deux numéros de ce premier volume.


Le monstre qui vit dans le placard est loin d’être une légende. C’est l’amère expérience que va faire un petit garçon Américain en plein milieu de la seconde guerre mondiale. Son chien, trop petit pour être véritablement cruel, ne peut rien faire et ne parlons pas des jouets qui ne doivent surtout pas révéler qu’ils sont vivants. Pourtant, ces derniers sont obligés d’aller sauver leur maître. En tout cas, c’est ce que pense le colonel, un soldat qui ne s’en laisse pas compter. L’ours en peluche Maxwell est aussi de la partie, comme certaines autres figurines articulées. Plus étonnant, ils demandent aussi à Percy, le cochon-tirelire, de faire partie de l’équipe car il y a aussi besoin de têtes pensantes et de stratèges quand on mène un combat contre une armée puissante et si le cochon se laisse convaincre, il va rapidement se révéler le maillon faible d’une équipée qui semble destinée à échouer. C’est en tout cas ce que le Boogeyman souhaite leur faire croire. En attendant sa première armée vient de se prendre une belle raclée, les jouets étant loin, très loin, d’être tendres et innocents.

Le thème est connu et n’est pas sans rappeler Lions, Tigers & Bears. Pourtant, The Stuff of Legend tire son épingle du jeu grâce à un traitement nettement plus sombre, moins fun, plus désespéré que le titre "tous lecteurs" de Bullock & Lawrence. En effet, chaque personnage est bourré de remords parce qu’il a échoué dans son rôle, plus ou moins surpris par l’attaque du grand méchant. Une fois arrivé dans le pays sombre, les choses prennent une autre tournure et chaque jouet trouve toutes les capacités que l’enfant leur donne habituellement dans son imaginaire. Si le colonel est doté d’une arme à feu, que le Jack-in-box est nettement plus mobile, la transformation la plus impressionnante est celle de Maxwell, l’ourson en peluche, qui devient un véritable animal sauvage, l’espèce de Wolverine de l’équipe. La charmante princesse indienne, celle qu’on sauve habituellement, fait aussi preuve de changement en manipulant avec expertise un poignard qui fera tomber bien des ennemis.
En ce qui concerne l’intrigue, autant dire qu’on en est au début d’une histoire qui va se développer. A ce titre, la seconde partie qui se déroule dans la cité-jeu d’Hopscotch est bien plus intéressante que la première partie qui se contente de nous présenter les personnages et de nous montrer d’où peut bien venir le danger. De façon générale, si ce n’est un rythme particulier (qui tient aussi compte d’un format très particulier, carré et réduit - à la Mouse Guard) et assez lent, les deux scénaristes montrent qu’ils arrivent à développer une belle équipe de personnages, des seconds rôles qui peuplent bien l’univers "imaginaire" et permettent donc au lecteur une belle immersion.

Si le ton est plus adulte dans ce livre, c’est aussi certainement dû aux planches de Charles Paul Wilson III. Avec des planches en noir & blanc, avec un ton bois / sépia qui intervient souvent dans les fonds, l’ambiance est loin très loin d’être à la rigolade. Les planches sont vraiment très jolies et superbement détaillées. Il m’a fallu un petit moment pour m’habituer aux visages des personnages humains mais très rapidement, la qualité de l’œuvre permet de dépasser cette particularité. le format, pas évident, ne permet pas un grand nombre de cases et pourtant la série ne souffre pas de manque de rythme, les moments plus calmes alternant avec de grandes scènes d’action, cette fois-ci, avantagées par des spash-pages panoramiques qui font leur effet.

J’ai donc mis, damned, 3 ans, avant de lire The Stuff of Legend, persuadé qu’il me manquait quelque chose pour lire ce premier volume intrigant quant à la suite des événements. L’erreur est réparée et ce qu’il y a de bien, c’est que j’ai maintenant les volumes 2 et 3 quasi complets à me mettre sous la dent. Pendant ce temps, Soleil a sorti ce premier volume tout récemment dans un format nettement plus grand, cartonné et avec un papier mat assez classe.

Un autre avis, moins enthousiaste, sur B.O.BD


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