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Our Love is Real

mercredi 25 janvier 2012, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Sam Humphries / Steven Sanders)


Dans ce monde futuriste, les choses ont bien évolué sexuellement parlant : chacun a le droit de faire l’amour avec presque tout ce qu’il a sous la main, à partir du moment où il y a consentement. Mais forcément, certaines pratiques sont plus acceptées que d’autres, et c’est l’occasion pour l’officier Jok de manier du bâton surtout lorsqu’il y a des émeutes suite aux manifestations des végésexuels.
Etant lui-même zoophile et ayant une relation stable avec une chienne, l’officier ne comprend pas vraiment les orientations des autres et quand il rencontre Brin, pratiquant le sexe avec des minéraux, ses sentiments sont partagés. S’il renie la pratique, il ne peut s’empêcher de se sentir très attiré par la jeune femme. Mais bien entendu, quand une jolie femme est au bon endroit au bon moment, c’est qu’il y a peut-être anguille sous roche.

Je ne suis pas mécontent du jeu de mots involontaire que j’ai fait dans ma dernière phrase, moi. Our Love is Real est donc un one-shot particulier. Dans sa forme, tout d’abord : format carré (à la manière de Mouse Guard ou Stuff of Legend), noir & blanc, 24 pages pour presque 4 dollars - yep, c’est assez cher. Et pourtant, à la grande surprise de tout le monde (et après un premier tirage estival qui a bien fonctionné), revoilà le titre supporté par Image Comics.
En fait, Sam Humphries commence par choquer son petit monde avec un univers où le sexe avec les animaux est autorisé, du coup, changement radical d’univers même si les scènes de matraquage ouvrant le bouquin sont très ressemblantes à celles que l’on peut voir à la télévision. Mis à part ça ? Ben pas grand chose. On a à faire à ce qui est l’équivalent d’une nouvelle en bandes dessinées : histoire très très courte mais bien fichue, peu de personnages, quelques scènes d’action pour maintenir l’attention du pauvre lecteur sans cervelle et voilà, emballé, c’est pesé avec une conclusion en forme de clin d’oeil, un petit twist bien trouvé.

Du coup, pour tenir sur 24 pages, il n’y a pas quarante solutions : il faut dessiner de grandes cases et le fait que la page soit carrée permet aussi de limiter leur nombre. Steven Sanders réussit à mettre le paquet et si le résultat est parfois un peu brouillon au début (la scène d’émeute est particulièrement riche en détails), le dessinateur complète le reste du récit avec un effet cinématographique, des décors peu présents mais bien réalisés et une maîtrise suffisante des couleurs (enfin du noir & blanc) pour concevoir des fonds de cases variés.

Our Love is Real est donc un one-shot très sympathique, légèrement subversif et bien maîtrisé tout du long. Bon, maintenant, c’est quand même 4 dollars. Peut-être que la version numérique est plus rentable pour un récit qui mérite quand même votre attention.


Le site du comic-book : http://ourloveisrealcomic.com/

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