Onirique Comics 7.1

Accueil du site > Chroniques > Image Comics > Blue Estate #1-8

Blue Estate #1-8

lundi 23 janvier 2012, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Viktor Kavalchev, Kosta Yanev & Andrew Osborne / Viktor Kalvachev, Toby Cypress, Nathan Fox, Robert Valley, Paul Maybury, Marley Zarcone, Tomm Coker, Andrew Robinson & Peter Nguyen)


Ray Devine Jr. est un détective privé. Enfin, quelqu’un qui voudrait bien être détective privé, vu qu’il n’a pas encore eu une seule affaire. Peut-être est-ce pour montrer à son père, policier émérite, qu’il vaut quelque chose même s’il n’a pas le profil physique pour être agent de l’ordre. Coup de chance pour lui, une bombe sexuelle rentre dans son bureau. La bombasse, c’est Rachel Maddox, ex-starlette et femme de Bruce Maddox, acteur connu pour la série de films "Hard to Kill", là où il a d’ailleurs rencontré Rachel. Tous les ingrédients sont là pour avoir une bonne affaire, sauf que la rousse incendiaire a l’air plutôt remontée. Qu’est que le Junior a encore loupé ?

Victor Kalvalchev, c’est la tête pensante derrière Pherone et aussi l’illustrateur des couvertures de la série Men of War chez DC (une série des New 52). Avec Blue Estate, il lance un récit très noir et qui mêle une quantité assez impressionnante de personnages qui vont tous chercher à récupérer un peu d’argent, un peu d’amour ou un peu de pouvoir. A moins qu’ils ne veuillent simplement que survivre dans un monde peuplé de bandits les deux plus grandes bandes étant les mafiosis italiens et leur contre-partie russe. Sachant qu’il y a dans le lot, une belle panoplie de personnes brisées aussi bien physiquement que moralement et d’autres qui sont complètement dépassés par leur pouvoir et par les compétences et les responsabilités qu’il implique, les choses vont forcément partir en sucette. D’autant qu’il a bien entendu des relations familiales qui vont se mélanger à tout ça.

C’est bien simple : chaque personnage est relié aux autres par une des relations évoquées ci-dessus et il est donc très simple de faire tomber le château de cartes sachant qu’en poussant n’importe quelle carte, l’effet sera catastrophique. Kavalchev, Yanev et Osborne l’ont bien compris et si les relations entre personnages sont évoquées dans les quatre premiers numéros, la seconde partie va pousser tout ce joli monde jusqu’au point de non-retour ce qui va réellement compliquer les choses (comme si les différents coups fourrés et les trahisons n’étaient pas suffisantes). Les trois scénaristes vont donc s’en donner à coeur joie pour divertir le lecteur qui n’aura même pas à faire l’effort de bien retenir qui est qui. Le savoir-faire des 3 bonhommes rend chaque personnage identifiable et on mémorise très vite leur place, leur caractère (bien décrit et souvent très richement illustré) et si cela ne suffisait pas, un résumé à chaque épisode permet de remettre les parties de l’histoire dans l’ordre.
Ajoutons à cela un côté humoristique présent (avec notamment des mafiosis italiens ultra-fans de David Hasseloff) ou bien absolument cynique (les protagonistes essaient de se tirer dans les pattes les uns des autres et sont obligés de faire des plans incroyablement complexes), et vous comprendrez que Blue Estate (le nom d’un cheval qui n’a pas encore beaucoup d’importance) est une série très sympathique.

Kalvachev gère aussi de façon très précise le graphisme du titre. Il se charge des couvertures (réalisées numériquement) et de l’allure générale du titre. Cependant pour ceux qui ont déjà lu Pherone, le décalage des pages de Blue Estate est assez énorme. Le pourquoi du comment ? Tout simplement parce qu’il y a plusieurs artistes chargés de remplir les pages de Blue Estate. Le chef se charge des couleurs mais pour le reste, c’est une belle panoplie d’artistes qui sont à bord. Il doit y avoir des dessinateurs et des encreurs mais le détail n’est pas précisé en couverture intérieure. Ceci étant, ça ne change pas grand chose et le tout est assez homogène même si on distingue les différents styles graphiques dans cette bande dessinée.

Blue Estate est censée avoir un premier volume composé de 12 numéros. Pour l’instant, aux deux-tiers de l’intrigue, les choses ont déjà bien avancé et je me doute que cela va prendre des dimensions nettement plus importantes et dramatiques par la suite. Autant dire que les choses se présentent drôlement bien pour les amateurs de noir.


Pour acheter ce livre :

En VO :

Sur Amazon.com :

Sur Amazon.fr :

En VF : (le tome 1 contient les quatre premiers numéros)

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0