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The Infinite Horizon #1-6

dimanche 1er janvier 2012, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Gerry Duggan / Phil Noto)

Lui, c’est le capitaine, le soldat, celui qui risque sa peau pour le compte de son pays, les Etats-Unis et qui après avoir fait son tour en Irak et en Afghanistan, apprend enfin qu’il va rentrer
au pays, retrouver les siens et enfin mettre tous les massacres derrière lui. Sauf que les choses ne se passent bien entendu pas aussi simplement : en Syrie, les militaires doivent gérer des attaques
rebelles au moment où la crise du pétrole est à son paroxysme. Du coup, quand les avions prennent feu, il y a très peu de chances pour que les soldats puissent s’en sortir par ce moyen et les routes
sont encore moins sûres. Seule issue : prendre la mer. Et même là, les conditions de survie seront très très difficiles. Aux Etats-Unis, les choses ne vont pas beaucoup mieux puisqu’après différentes
inondations, c’est l’eau qui est aussi un denrée rare. Et la femme du capitaine, vivant en altitude avec son fils, attise forcément les convoitises. Saura-t-elle être assez forte pour supporter dix
ans d’absence ?

Dix ans, c’est presque ce que les lecteurs ont dû attendre pour lire l’intégralité de cette mini-série. J’exagère mais il y a tout de même presque quatre ans entre la publication du premier et du sixième
numéro de The Infinite Horizon. Gerry Duggan reprend la trame de l’Odyssée (oui celle d’Homère avec Ulysse) et fait vivre à son héros un véritable périple très difficile qui finira par le ramener chez lui.
Un portrtait de héros sombre dans un monde catastrophique où plus une seule denrée ne semble acquise. Ni énergie, ni eau pour tous, le monde en est réduit à la loi du plus fort, une loi qui montre toute
l’injustice et le véritable visage des humains. Le scénariste ne reprend pas toute l’Odyssée et adapte certains épisodes à son univers moderne-réaliste. Le cyclope est une créature soviétique entre le robot
et l’humain tandis que les sirènes sont des femmes faites de chair et de sang qui appellent à elles tous les faibles afin de mieux les asservir. Le final quant à lui fera appel aux talents d’archer du héros
mais là encore, adapté à la situation avec une logique impeccable. Tout cela s’allie très bien et la mini-série s’avale d’un trait, le texte et les dialogues étant très efficaces et très sobres. Tout juste
l’histoire de Pénélope est-elle mal calibrée par rapport au périple de son mari (elle se passe bien entendu en fin de série malgré le fait qu’elle se déroule sur tous les numéros) mais rien d’insurmontable à
la lecture.

C’est Phil Noto qui est en charge de la mise en image, et l’artiste ne change pas vraiment son fusil d’épaule, c’est du bon travail bien fichu, s’essayant à quelques essais en ce qui concerne le détour de ses
personnages et le fait d’éviter de dessiner des décors, chose habituellement très rare chez l’artiste. Ceci étant, le tout ne manque pas de muscle et de percutant, ce qui est bien normal pour un récit d’action
comme celui-ci.

Au final, The Infinite Horizon porte très bien son nom pour son héros : un horizon qui semble hors d’atteinte et qui éloigne toujours le but souhaité. Ce n’est heureusement pas le cas du lecteur qui en aura pour
son argent même si je ne peux pas dire que cette mini-série est incontournable. Très bien écrite, jolie pour qui aime le style de Noto, elle a un parfum assez particulier, assez désespéré qui pourra ne pas plaire
à tout le monde.


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