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Screamland (série régulière) #1-5

samedi 31 décembre 2011, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Howard Sipe & Christopher Sebela / Lee Leslie, Kevin Mellon, Dennis Culver, Kyle Strahm & Buster Moody)

Dans chaque convention "fantastique" (comics, SF ou séries télés), il y a bien entendu des vedettes récentes mais aussi des types qui ont porté des costumes de personnages
mythiques, il y a 20 ou 30 ans de celà. Si si, vous pouvez toujours avoir l’occasion de rencontrer Boba Fett sans son armure ou Chewbacca sans ses poils. Voilà dans quelle
situation Carl "Le loup-garou" London et Travis Walters se trouvent. Le premier est un véritable loup-garou avec de l’embonpoint qui s’est fait dépassé par les différentes technologies adoptées au cinéma.
Le second est un acteur jouant un rôle de technicien dans la série Star Trek (OK, elle ne s’appelle pas comme ça dans Screamland mais vous voyez mieux ce dont je parle),
bref, des acteurs en perte de vitesse certaine qui voient dans les conventions l’occasion de se faire quelques biffetons.

Alors que tous les monstres du cinéma et leurs fans sont réunis, l’Homme Invisible (le vrai) fait une annonce tonitruante : en l’honneur du décès de la Créature du Lagon Noir,
il va présenter le film Phantasmagorgya, tourné par leurs bons soins à tous deux. Sauf que le film, entré dans la légende malgré le fait que personne ne l’ait vu, est en réalité une sex tape
des stars du cinéma d’horreur. Il va y avoir du monde pour regarder ce film et ceux qui y ont participé voit cette projection d’un mauvais oeil. Heureusement, l’Homme Invisible va rapidement
être tué et le film disparaître. Carl et Travis vont donc devoir enquêter pour trouver qui est l’assassin et éliminer une bonne fois pour toute ce film compromettant.

Il aura fallu plus de 2 ans pour que Howard Sipe puisse ressortir son concept de Screamland après une mini-série que j’avais fort appréciée. Il est accompagné d’un co-scénariste pour fournir
cette nouvelle aventure avec les figures pathétiques du cinéma d’horreur. De la première série, seul le Loup-Garou sera sous les feux du projecteur (mais peut-être les autres protagonistes seront
présents dans les prochains arcs), ce qui tombe assez bien puisque c’est celui qui a le plus de défauts et le caractère le plus antipathique, de quoi concevoir de bonnes situations de comédie. Car,
s’il fallait le rappeler, Screamland est avant tout une série comique se basant sur les créatures qui nous ont effrayés autrefois mais qui ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes. Sipe et Sebela réussissent
toujours à marier ces deux éléments d’intrigues et à faire avancer leur "whodunnit". L’intrigue n’est pas très compliquée à suivre et le twist n’en est pas vraiment un. C’est surtout l’occasion de voir
des personnages qui doivent coopérer sans vraiment s’apprécier et des vieux de la vieille se raconter des intrigues que même le plus vieux fan de Mad Movies n’ose s’imaginer. La sauce prend assez bien même si
j’ai senti un petit creux au milieu de la mini-série.

En bonus, chaque numéro (sauf le dernier) disposera d’un petit récit supplémentaire racontant les destinées des différents protagonistes, des histoires drôles et pathétiques à l’image du récit principal.

Graphiquement, c’est le départ du co-créateur de la série, Hector Casanova, qui ne se charge que des couvertures de la série. C’est Lee Leslie qui reprend les rênes du titre avec un style complètement différent,
plus cartoon, plus "gros nez", et surtout qui fatigue sur la fin des numéros et surtout du run. Le résultat est toujours satisfaisant mais on sent qu’au fil du récit, le trait se fait plus large au niveau de l’encrage,
les personnages cadrés plus proches dans chaque page. Une impression qui se confirme avec la colorisation de Buster Moody qui est bien meilleure dans le premier numéro que par la suite.

Ceci étant, comme je veux le souligner, la partie graphique est tout à fait lisible et agréable, c’est juste franchement différent de ce qui se faisait dans la mini-série. Au final, même si tout n’est pas parfait,
Screamland garde tout son humour et son énorme capital sympathie. De quoi donner envie de lire la suite.


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