Onirique Comics 7.1

Accueil du site > Chroniques > DC Comics > Batman > Batman Noël

Batman Noël

dimanche 25 décembre 2011, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Lee Bermejo)


Une vieille Angleterre, un employé surchargé de boulot dont le patron ne veut pas entendre qu’il aimerait passer Noël en famille, le fait que le patron cède et qu’il rencontre trois fantômes afin de lui montrer de quoi est vraiment faite la vie. Vous avez certainement reconnu la trame du Christmas Carol de Charles Dickens. Pour Lee Bermejo, l’employé en question s’appelle Bob, vit à Gotham dans un appartement miteux et n’a plus que son flis pour donner du sens dans sa vie. Il bosse plus ou moins pour le Joker, pour qui il déplace des paquets, en récupère d’autres, se fait payer et ainsi de suite. Le pauvre Bob va bien entendu se retrouver face à un Batman encore plus acide que d’habitude et dont le seul but est désormais de coincer les vilains en cavale et sa nemesis en tout premier.

Pour une première oeuvre en tant qu’auteur complet, Lee Bermejo joue avec cet emploi de Bob et surtout l’identité de l’employeur. Car en réalité, si on croit que c’est le Joker qui joue le rôle de Scrooge, les choses prennent un tournant à la fois plus surprenant et plus logique en mettant le rôle du vilain cynique sur les épaules de Bruce Wayne. Un homme désabusé de tout, qui a connu de grandes pertes (dont un sidekick) et qui n’a plus goût à rien sauf à la violence et à une justice des plus punitives. En mettant Batman dans le costume du vilain, Bermejo joue sur les codes des super-héros et glisse une petite pique sur l’univers grim’n’gritty du justicier Gothamite, lui qui mettait d’heureux directs du droit dans les années 60’s sur fond de couleurs bariolées. A partir de là, il ne reste plus qu’à jouer sur les images des fantômes et il ne sera pas surprenant de retrouver des personnages comme James Gordon, Catwoman ou encore Superman. Si tout n’est pas d’une limpide clareté, on suit l’aventure avec intérêt jusqu’à un dénouement classique et heureux.

Si Lee Bermejo ne change pas radicalement son style graphique, Noël est à mon humble avis plus rond que ses précédents travaux (Joker ou Luhtor, à l’image d’un Bob dont le visage respire l’humanité, la peur, la colère, le courage ou l’amour. Les pages sont à considérer comme un univers placé entre la bande-dessinée et le récit illustré avec une quantité non-négligeable de splash-pages et des pages découpées plus ou moins classiquement. Le tout reste néanmoins très lisible et se prête bien au récit dont la majorité se déroule en voix-off. Pour ma part, cela ne m’a pas dérangé dans la lecture mais je comprendrais que certains lecteurs notent que les cases manquent parfois de mouvement.
La colorisation est pour une fois, quelque chose à laquelle j’ai fait attention. C’est la seule partie dont Bermejo ne se charge pas et qui est confiée à sa collaboratrice Barbara Cirado avec qui il a déjà collaboré sur Wednesday Comics. Si parfois, on comprend bien les choix faits sur les planches (Catwoman plutôt dans les rouges, Superman forcément brillant), certains autres paraissent étranges ou auraient pu être plus graduels. Une des planches dont parle l’artiste en fin de bouquin est d’ailleurs l’une de celles où on ne comprend pas bien d’où sortent toutes ces lumières, en fait, c’est le mouvement de lumière qui est assez mal retranscrit (pas une mince affaire à réaliser, à mon humble avis).

Au final, ce Batman Noël est une lecture idéale pour ces fêtes de fin d’année. Si le récit n’est pas d’une maîtrise entière, Lee Bermejo montre qu’il sait raconter une histoire et que celle-ci se tient tout à fait correctement, happant son lecteur jusqu’à un moment assez optimiste. Ce qui n’est pas forcément gagné quand on commence à lire le bouquin. Bref, une jolie réussite.


Pour acheter ce livre :

En VO :

Sur Amazon.com :

Sur Amazon.fr :

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0