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Bad Guys

vendredi 23 décembre 2011, par Mathieu Doublet

(Kickstart / Phil Eisner / Augustin Padilla)

Lu sur Comixology.


Parfois on est une super-gentille et on se rend compte qu’on a choisi le mauvais camp. C’est grosso modo ce qui est arrivé à Lady Luck qui a du coup changé de nom et s’est faite appeler Femme Fatale. Forcément, c’est l’occasion de rencontrer ses anciens collègues de travail, le super-humain Apex, le bonhomme en armure The Rook ou encore la très jolie Lady Justice. A trois contre un, ça n’est pas si juste que ça et voilà que le plan de vol de diamants part à l’eau. Direction Super Max-wax, établissement carcéral où tous les grands méchants sont parqués avec bien entendu les gadgets qui leur retirent toute possibilité d’évasion. Mais quand tous les bandits assistent à une invasion extra-terrestre qui élimine très rapidement tous les justiciers de la planète, il n’y a plus aucune raison de vouloir rester entre quatre murs. Reste à savoir si des créatures sans foi ni loi seraient capables de devenir le seul rempart face à des créatures encore plus malfaisantes.

Le pitch était bien cool, l’entrée en matière classique avec une fois de plus une caricature de Justice League idéale sur le papier mais cachant des petites failles une fois qu’on l’a pratiquée de l’intérieur. Mais il y avait quand même ces toutes premières pages avec l’aigle et le scorpion (conte maintes fois utilisé et dont les protagonistes changent suivant qui la raconte), qui éventait tout type de suspense. Phil Eisner fait tout ce qu’il peut pour tenter de garder une bonne idée et de la développer sur 80 pages sauf qu’il lui faut un quart du bouquin pour rentrer dans le sujet, et qu’ensuite, les scènes sont trop longues pour ne pas masquer qu’il manque du contenu. Il y a bien quelques petits twists sympathiques (l’identité et la motivation des envahisseurs, la véritable raison au revirement du personnage central) mais pas suffisamment pour provoquer la sympathie du lecteur.

C’est un peu le même souci pour le dessin. Si Augustin Padilla réussit quelques cases, il serait bien naïf de se cacher qu’il y a des coloristes qui permettent de donner beaucoup de relief à son travail. Le souci, c’est que Alejandro Sanchez et David Hueso y sont allés un peu trop fort et que le résultat rend les planches parfois encore moins lisibles que si elles étaient en noir & blanc. Reste un découpage qui fait heureusement bien son travail et qui prend le lecteur par la main pour lui faciliter le travail.

Globalement donc, il y a bien quelques bons trucs dans Bad Guys mais tisser un récit de ce type, très série B, très inspiré par l’univers DC (il n’est vraiment pas compliqué de trouver quels sont les modèles), en one-shot bien formaté pour s’attirer les regards bienveillants d’Hollywood, c’est aussi viser un public particulier et pas sûr que celui qui lâche même 5 dollars dans l’affaire (en version numérique, donc) y trouve son compte.


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