Onirique Comics 7.1

Accueil du site > Premiers essais > Dead Man’s Party #1

Dead Man’s Party #1

samedi 17 décembre 2011, par Mathieu Doublet

(DIW / Jeff Marsick / Scott Barnett)


Charles Willis a une profession hors-norme : c’est un tueur et plutôt du genre efficace. Son dernier coup est d’ailleurs celui d’un expert puisqu’il abat sa cible depuis un TGV qui passe devant une demeure ultra-protégée. Mais pour Willis, le succès a un certain goût de manque d’aventure. Son "agent" va même jusqu’à lui proposer de prendre quelques vacances et de dépenser tout l’argent qu’il a. En réalité, Willis va avoir une bonne raison de profiter de ses jours de loisirs puisqu’une visite chez le médecin lui apprend une chose, il a un cancer généralisé, incurable et qui ne va lui laisser que deux mois. Le tueur sait bien ce qui l’attend puisqu’il a déjà vu un de ses anciens collègues atteint du même mal. Alors il décide de prendre le taureau par les cornes et d’organiser une "Dead Man’s Party". Alors non, ça n’est pas du tout le genre, fête de fin du monde, avec orgies, alcool et bouffe à profusion. C’est plutôt un dernier rush d’adrénaline, sachant que le principe, c’est de poser un contrat sur sa propre tête. Pour l’heureux gagnant, il s’agit de récupérer l’argent de la cible et un joli nom sur sa carte de viiste. Autant dire qu’avec le palmarès de Charles Willis, il va y avoir des personnes très intéressées. D’autant que pour la désormais cible, sa destinée va prendre un tournant quelque peu contrariant. Ou même avec un cancer incurable, c’est encore possible.

Dead Man’s Party est donc une mini-série en quatre parties dont j’ai réussi à récupérer le premier numéro au New York Comic-Con. Tout commence comme un récit désabusé du parfait tueur qui est à la limite de l’addiction vis-à-vis de son travail. Jeff Marsick place son "héros" très rapidement dans le haut du panier avec son meurtre hautement impossible, genre "une chance sur un milliard de réussir", puis dans la pire des mouises - même si l’inévitabilité de la chose a son petit côté zen - et assène un cliffhanger assez classique mais bien amené. De quoi effectivement donner envie de lire la suite.

Quant à Scott Barnett, dessinateur et co-créateur de la mini-série, il se met quasiment en scène. En effet, Charles Willis est son portrait craché. Des envies de vivre une vie de rêve ? Vu ce qui attend le tueur, on ne peut pas dire que ce soit forcément une vie à envier. En tout cas, le résultat en noir & blanc est satisfaisant. Il manque parfois des décors dans les cases mais sachant que le style du dessinateur est fait d’un trait assez épais ainsi que d’une utilisation du lavis, il est probable que le décor joue la carte de la surcharge et que le récit y perde en intensité et en lisibilité. Souvent avec ce style graphique, les personnages ont du mal à garder la même apparence d’une case à l’autre. En ce qui concerne ce premier numéro de Dead Man’s Party, ça n’est absolument pas le cas et Barnett maîtrise bien les visages des protagonistes.

Bref, lu sur le tard, ce premier numéro de Dead Man’s Party est une très bonne surprise et comme il l’est indiqué en couverture, j’ai aussi très envie de lire le numéro 2.


Le site de la série où vous pourrez vous procurer les numéros : http://www.deadmansparty.org/

Mes petits paris :
Envie de lire la suite ? Oui.
Parution de la suite ? Je pense que oui. Le format mini-série est supportable financièrement et ce récit ne devrait pas avoir de suite, vu le sujet.
Parution du TPB ? Il est encore trop tôt pour se prononcer.
Traduction en français ? Non, je ne pense pas. La qualité du bouquin ne cache pas non plus un côté doué mais amateur.

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0