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Critter #1-4

samedi 3 décembre 2011, par Mathieu Doublet

(Big Dog Ink / Tom Hutchinson / Fico Ossio)

Elle s’appelle Cassia, elle se déguise en chat, et elle est la nouvelle super-héroïne en activité sous le pseudonyme Critter. Ses pouvoirs : une agilité hors du commun ainsi qu’une ceinture "queue de chat" qui lui permet d’améliorer encore plus ses exploits acrobatiques et surprendre parfois son adversaire quand celui bavarde trop. Cassia ne va pas tarder à apprendre le B.A.BA du métier et son altercation avec le vilain Yellow Jacket va la laisser sur le tapis pendant un petit moment mais pas avant d’avoir réglé son compte au méchant. De quoi mieux faire passer la pilule sur son lit d’hôpital mais une difficulté supplémentaire pour expliquer à sa colocataire de chambre d’université pourquoi elle a tant de bleus. Bref, une vie de super-héros des plus classiques, d’autant que Paradox, un visiteur du futur, lui apprend que sa destinée est l’une des plus prestigieuses parmi les super-héros. De quoi faire vibrer les ambitions de la jeune apprentie.

Critter est l’une des nombreuses mini-séries lancées par le label indépendant Big Dog Ink (Penny for Your Soul,Pinpoint, Ned the Chainsaw Guy, ...). Ecrite par Tom Hutchinson (une des têtes pensantes du label), Critter est une série super-héroïque très classique : une super-héroïne qui doit gérer une nouvelle carrière, ses exploits et sa vie privée en même temps. Le scénariste a encore un peu de mal à agencer tout cela et surtout à rendre intéressant la partie vie privée qui se résume pour l’instant aux excuses que Cassia doit fournir à sa copine pour justifier ses absences. Le côté costumé est lui aussi traité sans vraiment beaucoup de surprises avec bien entendu une destinée gigantesque donnée au premier numéro comportant suffisamment de flou pour laisser libre cours aux divers détours que cette destinée pourrait prendre. L’action est tout de même là et les scènes sont relativement bien fichues avec des combats contre un ou plusieurs méchants (et quand c’est plusieurs, c’est vraiment plusieurs) et une héroïne titre qui en prend parfois pour son grade. Le dernier numéro de la mini-série aura son petit cliffhanger (pas franchement surprenant pour qui suit un peu les grands éditeurs) et sert bien entendu à introduire la série régulière qui doit arriver début 2012.

Si Critter réussit à être agréable à lire malgré son manque d’originalité, c’est certainement grâce au travail de Fico Ossio. L’artiste argentin (blog ici) réussit à produire des planches qui sont certes perfectibles mais qui montrent un sacré potentiel. Oui, ses héroïnes ont des mensurations complètement démentes avec un tour de taille absolument impossible pour soutenir un corps humain normalement constitué et une poitrine généreuse pour la plupart d’entre elles, mais le dessinateur montre aussi qu’il peut dessiner des personnages normaux, voire carrément chétifs par rapport au reste du casting. Il y a aussi une plus-value concernant la colorisation que l’artiste prend lui-même en charge. Le résultat donne beaucoup de claquant à l’ensemble du comic-book et une finition qui place Critter bien au-dessus des créations de petits éditeurs. Sachant qu’il a toutes les tâches à accomplir, cette colorisation est suffisamment bien gérée pour raccourcir les délais quand il n’y a pas de décors par exemple. Je retrouve du Campbell ou du Ramos (époque DV8) dans ses dessins et je serai très étonné qu’Ossio ne décolle pas très rapidement s’il continue à améliorer son trait.

Critter est donc fait pour ceux qui aiment les super-héros à la sauce classique avec un graphisme sympathique qui relève le tout.