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Nuncio & The Gypsy Girl in the Gilded Age

mardi 29 novembre 2011, par Mathieu Doublet

(Runnymede Press / Kristin Kuhns Alexandre / Thomas Loepp)


La jeune Neci est une jeune fille issue d’une famille de gitans à qui on veut montrer le Monde mais quand elle embarque à bord du Lutsitania en mai 1915, elle ne se rend pas compte que la menace des Allemands de faire couler tout navire aidant l’Angleterre est bel et bien réelle. Alors que beaucoup décident de mourir et de ne pas continuer leur destinée, Neci s’accroche après avoir libéré un perroquet appelé Nuncio. Mais avant tout cela, pour Neci, il y a Ezra, un compositeur qui passe du temps avec les gitans afin de parfaire son univers musical et développer son inspiration. Neci est amoureuse de l’artiste mais est bien trop jeune pour lui. Qu’importe, elle a décidé qu’ils étaient faits l’un pour l’autre et rien ne pourra l’empêcher de vivre sa vie avec celui qu’elle aime. Même pas une rivale pianiste et plus âgée.

Nuncio & The Gypsy Girl est peut-être le comic-book qui a mis le plus de billes niveau promotion au sein du New York Comic-Con 2011. En fait, il était certainement le seul à avoir une publicité pleine page sans reposer sur une maison d’édition. La couverture était accrocheuse et il y avait visiblement au moins de quoi se faire plaisir aux yeux. Mais au final, est-ce que ça en fait une bonne bande dessinée ? Il faut dire que ni la scénariste ni le dessinateur-peintre ne sont experts en ce domaine. Ils ont bien une expérience dans le domaine créatif (elle dans l’écriture et lui dans la peinture avec de nombreuses expositions) mais aucune en BD. Tout d’abord ce qui est très perturbant, c’est qu’on démarre l’intrigue avec l’explosion du Lusitania et le sort de la pauvre Neci mais qu’on n’y reviendra jamais dans ce premier tome. A quoi bon avoir ouvert avec cette scène si elle n’apporte pas grand chose à part une parole philosophique du perroquet sur le genre humain ? Ensuite, le récit se déroule tranquillement, peut-être un peu trop même puisqu’on ne comprend pas vraiment où on nous emmène. Il y a des actions mais toutes sont finalement relatées par des personnes tierces et on n’a jamais l’impression d’avoir une scène plus importante que les autres. L’album se termine, on voit où on en est, mais au final, on se demande ce qu’on doit en tirer. En fin d’album, il est dit que la série sert à décrire les gitans et leur influence sur l’évolution de la ville où est née la scénariste. Sachant que les gitans quittent une ville au début d’album et qu’ils sont en voyage le reste du temps et que, surtout, on ne les voit quasiment pas, ça casse un peu l’argumentaire.

Thomas Loepp est donc un artiste qui a déjà peint de nombreuses toiles, dont l’art est affiché chez de nombreux collectionneurs. Et c’est vrai que chaque case est un petit tableau et qu’il fait bon se plonger dans les illustrations de Nuncio & The Gypsy Girl. Sauf que, tout d’abord, concernant l’héroïne principale, il est très compliqué de lui donner un âge d’autant que rien dans le texte ne permet d’aider le lecteur. Si on se fie à l’image, elle peut avoir parfois 12 ans, parfois 16. Les propos de la jeune fille laissent entendre qu’on est plutôt dans le deuxième cas mais au final, cela reste très flou et pose un souci sur les considérations de tous les personnages puisque justement l’âge de Neci est au centre de tous les problèmes de ce premier volume. Par la suite, c’est un peu le même reproche qu’au texte, les images s’agencent bien et on comprend la liaison entre elles sans effort mais il manque des décors, des bruits, des codes propres à la bande dessinée, bref, tout ce qui fait la richesse du genre. Le découpage est bien trop sage, voire trop sévère, les pages comptent un maximum de six cases par pages, et quand elles sont là, c’est plus pour rythmer une discussion que pour montrer les sentiments des personnages ou amener un peu de suspense ou d’aventure. Non, malheureusement, là encore, rien de tout ça.

Nuncio & The Gypsy Girl in the Gilded Age est donc un superbe livre formellement mais une bande dessinée qui ne fait vibrer à aucun moment et qui semble louper son sujet. Pour un premier essai dans un marché assez concurrentiel, c’est assez particulier.


Bon le seul lien que j’ai à vous proposer, c’est une interview video sur Newsarama ou la page Facebook. (ah ben je viens d’entendre qu’il y aurait au moins 3 tomes).

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