Onirique Comics 7.1

Accueil > Chroniques > Image Comics > Morning Glories #1-12

Morning Glories #1-12

mardi 15 novembre 2011, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Nick Spencer / Joe Eisma)

Les numéros ont été lus sur Comixology lors d’une promo assez bien venue.

Bienvenue à la Morning Glories Academy, l’une des écoles les plus prestgieuses d’Amérique et forcément, l’une des plus fermées. Alors quand six jeunes apprennent qu’ils ont été pris sans même en avoir fait la demande, simplement grâce à leurs résultats scolaires et qu’en plus, leur scolarité est payée d’avance, c’est la fête ! C’est en tout cas ce que se disent Casey, une jeune blonde bien décidée ; Ike, un affreux gosse de riches qui se permet toutes sortes de blagues, les plus malsaines étant ses préférées ; Zoe, une brune croqueuse d’hommes qui espère bien trouver un bon prétendant dans cette nouvelle école ; Hunter, qui se sent en trop depuis la mort de sa mère ; Jade, une jeune fille dépressive amoureuse de son professeur et Jun, l’énigmatique de la bande. Mais l’école a aussi son côté caché, il est tout d’abord étrange que des images subliminales soient affichées lors de la réunion de bienvenue, et si l’école cherche à couper les ponts entre les élèves et leurs parents, il semble difficile de sortir de l’enceinte avec ou sans le consentement des enseignants et du terrible et invisible chef d’établissement.

Morning Glories, c’est le titre qui a lancé Nick Spencer après quelques tentatives moins fructueuses chez Image Comics. Un gros buzz pour une série qui respecte ses délais de publication et a rapidement gagné ses galons de série culte à grands renforts de comparaison comme quoi, Morning Glories serait un peu le Lost des comics. Et oui, on peut effectivement faire le rapprochement entre la série télévisée et la bande dessinée : les personnages sont dans un environnement clos, ont tous un point commun (rapidement divulgué d’ailleurs mais dont on ignore l’utilité) et découvrent des coins cachés de l’endroit alors qu’on leur fait vivre des événements traumatisants. Maintenant, même au bout de douze numéros, on ignore vraiment de quoi il s’agit. Nick Spencer lance vraiment beaucoup de questions concernant l’Académie mais n’apporte pas franchement de réponses, la technique du dialogue interrompu (juste au moment où on pourrait avoir le début d’une info intéressante) étant d’ailleurs très utilisée, voire même trop. Mais il manque, à mon humble avis, un intérêt à tout ça : à force de laisser le lecteur complètement perdu et sans vraiment lui donner les pièces pour se construire une théorie personnelle, Nick Spencer loupe un peu le coche et n’arrive pas à donner à sa série l’intérêt qu’on pouvait donner à Lost. De même une série télévisée et un comic-book n’ont pas du tout le même rythme et à force d’y aller mollo, il risque de potentiellement frustrer le lecteur. Ceci étant, la réalisation formelle est plutôt réussie, les numéros se lisent vite et bien et supportent aussi une voire deux relectures (c’est en tout cas ce qui m’est arrivé de faire avec les six premiers numéros avant que je finisse par me décider à écrire ce texte). Donc, c’est plutôt bien fait mais finalement assez vide.

Un autre côté de la réussite de Morning Glories, c’est véritablement la recherche esthétique du bouquin. Tout d’abord, il y a le côté accrocheur des couvertures par Rodin Esquejo qui attirent l’oeil et puis vient ensuite le travail de Joe Eisma qui a tout pour plaire : des héros assez distincts auxquels on peut s’identifier, voire devenir réellement accrocs, et ce qu’on soit lecteur ou lectrice. Une mise en page très aérée avec de grandes cases qui donnent pas mal de rythme à la lecture et donne un effet cinéma à l’ensemble. Bref, tout est fait pour que le lecteur se sente chez lui et n’ait pas à faire de gros efforts pour suivre l’intrigue. Maintenant, en y regardant de plus près et sur l’ensemble des douze numéros, le graphisme d’Eisma n’est pas aussi sexy qu’il n’y paraît et les habiles jeux de cadrage permettent de cacher un manque de décor certain. Heureusement que le travail de colorisation d’Alex Sollazzo permet de donner un sacré coup de vernis aux planches.

Morning Glories est un titre dont je ne peux pas vraiment dire s’il est bon ou mauvais. Ce que je peux dire, c’est que c’est une série qui peut tout à fait se lire en recueils qui n’apportent pour les deux premiers qu’un nombre véritablement restreint d’informations. Je trouve que c’est une série qui révèlera sa qualité quand le final sera publié, que tout sera relu et que l’on pourra voir si Spencer gère aussi bien son intrigue que le buzz est grand. Ceci étant le titre a aussi des qualités graphiques et de dialogues qui en font une lecture loin d’être désagréable.


Pour acheter ce livre :

En VO :

Sur Amazon.com : (les 2 TPB puis le HC qui contient les 12 numéros en un tome)

Sur Amazon.fr :

Sur Comixology : https://comics.comixology.com/#/ser...

En VF : (chez Atlantic)

Messages

  • Ton avis, un peu tiédasse, ne m’encourage pas à me lancer dans l’aventure en VF vu le prix que ça va coûter. Je me laisserai peut être tenter par la VO, mais je vais attendre de voir ce que tu penses de la suite.

    • A noter que le premier TPB est au prix très attractif de 10$ ce qui n’est pas cher pour 6 numéros. Peut-être qu’on peut le trouver à un prix encore plus bas sur certaines plateformes en vente en ligne (me souviens plus combien ça coûte sur le Marketplace et Adblock est enclenché donc je ne vois pas mes pubs’ ;) ).