dimanche 25 mars 2007, par
(Dark Horse / Arvid Nelson / EricJ)
Le premier TPB "The guardian of the temple" contient les numéros #1-6 de la série régulière ainsi que le webcomics "Brother Matthews : Blessed are the meek".
Le second TPB "The river underground" contient les numéros #7-12 de la série régulière ainsi que l’épilogue des aventures de frère Matthews.

Paris, 1933. Le docteur Julien Saunière est contacté par le père Marin, l’un de ses amis. Ce dernier a de très gros ennuis et demande de l’aide au médecin. Une aide qu’il ne devrait d’ailleurs pas lui demander car ce dont le père Marin va parler est d’une importance extrême et d’un secret absolu.
Le père Marin était chargé de surveiller des documents que l’Eglise garde en son sein, très importants et ne devant être révélés à personne. Malheureusement, un de ces manuscrits a disparu ne laissant comme indice qu’une odeur de souffre légèrement masquée. Le père Marin est bien embêté surtout lorsqu’il est obligé d’avouer à Saunière qu’il a parlé de ce lieu à une prostituée qu’il avait pris sous son aile.
Marin charge donc Saunière de retrouver le parchemin volé. Si jamais l’inquisition venait à apprendre le vol du manuscrit, le père Marin en serait pour ses frais. Saunière mène donc l’enquête mais celle-ci prend une drôle de tournure quand il découvre le cadavre de la prostituée dans une mise en scène macabre et quand il apprend que le père Marin, lui aussi, a été assassiné, Julien en fait une affaire personnelle. Ni les meurtriers, ni les barbares de l’Eglise ne l’empêcheront de découvrir la vérité.
"L’église a bien de l’importance pour une histoire se déroulant en 1933", me direz-vous. Et vous aurez raison car, pour ceux qui n’auraient pas encore découvert le monde de Rex Mundi dans un album paru chez Semic, il faut vous dire que l’Histoire de ce monde est différente de la nôtre. Dans le monde du docteur Saunière, la révolution française a bien eu lieu et la guerre civile qui a suivi aussi. Par contre, point de Napoléon Bonaparte et la reprise du pouvoir par la nobelesse. Ce qui se conclut en 1933 par la présence d’une monarchie constitutionnelle, un peu à l’image des anglais. La carte du monde (et du contient européen) change donc. Par exemple, la Belgique et le Portugal sont incorporés dans de grands domaines dirigés par des rois ou des empereurs (la Belgique fait partie du royaume de Louis XXII et le Portugal fait partie de l’émirat de Cordova).
Tout cette dimension histoirique débouche sur une situation politique que le scénariste Arvid Nelson va se faire un plaisir de développer. Loin d’être un pensum politique ou bien une tentative d’enrichir artificiellement le monde de Rex Mundi, les événements politiques se déroulant dans ces deux TPBs (et surtout dans le second il faut dire) participent activement au déroulement de l’intrigue qui est bien entendu centrée sur Julien Saunière mais pas uniquement.
Pour ce qui est du renforcement de l’univers, Nelson produit deux pages extraites du quotidien parisien Le journal de la liberté, journal édité sous l’autorité du roi et supervisé de très près par les services de l’inquisition. Ce journal permet à la fois de donner au lecteur des informations qui seraient lourdes à mettre en scène en bandes dessinées mais aussi l’occasion de pasticher des événements qui se sont passés à notre époque. (Dans le second TPB, une certaine Paris a des déboires avec un film clandestin et se console avec son chihuahua devant des défilés de mode).
Graphiquement, EricJ fournit de belles planches bien sombres qui plonge le lecteur dans une ambiance des plus obscures. Quoi de plus naturel pour ce monde rempli de complots et de secrets. L’artiste a son style, notamment dans les visages, où les nombreux traits et l’encrage les rendent parfois très crispés. Je viens de me rendre compte qu’on pouvait rapprocher ces expressions un poil exagérées au cinéma muet de la même époque. Jeromy Cox est aussi crédité en tant que coloriste et il est vrai que les couleurs sont bien choisies que l’on soit dans le cadre extérieur réaliste de la ville de Paris ou devant l’un des membres de la guilde des sorciers.
Rex Mundi est donc une très bonne série. Initialement publiée chez Image, elle est passée récemment chez Dark Horse qui a eu la bonne idée de republier les deux premiers TPBs avec des couvertures de Juan Ferreyra (le dessinateur de Small Gods) fort réussies et penchant légèrement dans l’art nouveau. L’univers de ce comic-book est riche et les TPBs réussissent à donner un rythme de lecture intéressant entre les aventures principales du héros et le développement de l’univers. Je ne saurais que vous conseiller aussi d’aller jeter un coup d’oeil sur le site Internet de la série dont les pages regorgent d’encore plus de détails concernant l’histoire.
Pour acheter ces livres :
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(Notez que l’éditeur Semic n’a plus les droits de la série et que le site de l’éditeur fait des promotions sur son stock. Ils peuvent peut-être fournir des prix plus intéressants qu’Amazon.)