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Pigs #1-4

jeudi 29 mars 2012, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Nate Cosby & Ben McCool / Breno Tamura)

Quand on est à bord d’un petit bateau à moteur avec un lance-roquettes à bord, autant ne pas se faire avoir par la sécurité ou les forces de l’ordre. Mais qui sont ces terroristes et que veulent-ils ? Est-ce que cela a un lien avec la mort d’un vieil homme à Cuba et avec sa famille qui se demande si tout cela n’est pas un assassinat ? Est-ce que cela a à voir avec la femme blonde actuellement interrogée par la police, police quelque peu obligée d’avoir des résultats tangibles étant donné le compte à rebours devant lequel elle se retrouve ?

A vrai dire, Nate Cosby (ancien éditeur chez Marvel) et Ben McCool (Memoir, Choker) n’en diront pas grand chose dans cette première partie de mini-série. En effet, il y a bien quelques pistes intéressantes mais le véritable ressort dramatique ne se trouve qu’en toute dernière page du numéro. A travers ce premier numéro, c’est surtout toute une famille qui est présentée, une famille nombreuse dont les enfants ont été entraînés pour être très soupçonneux de ce qui les entoure un peu à la manière d’espions mais sans savoir véritablement quel est leur but sachant que l’un d’entre eux est contacté par un homme de l’ombre. En lisant la postface, on apprend l’idée derrière tout cela : après la crise des missiles de Cuba en pleine guerre froide, un contingent d’agriculteurs envoyé par l’URSS n’a jamais quitté le pays de Castro. Et si ces agents (parce qu’on ne va pas croire longtemps qu’il s’agisse de paysans) s’étaient installés à Cuba et avaient eu des enfants ? Si ces enfants étaient eux-mêmes entraînés par leurs parents afin qu’il ne leur arrive malheur ? Un pitch assez séduisant mais dont il faudra attendre la suite pour savoir s’il y transformation ou pas.

Breno Tamura est un artiste brésilien, son style est assez rude, rappelle aussi par moment le duo Ba & Moon, en étant toutefois nettement plus dur et réaliste dans le traitement de ces personnages. Un réalisme qui rend toujours aussi difficile le fait de rendre des personnages exactement de la même façon suivant l’angle de vue d’autant que, comme je vous le disais, le trait est très nerveux et cela sert à la fois les scènes d’action aussi bien que celles d’interrogation qui possèdent aussi leurs moments de tension.

Globalement, c’est le pitch de Pigs (pour ceux de la Baie des Cochons) qui m’a bien branché ainsi que la participation de Ben McCool (j’ai bien aimé Memoir). Maintenant, il faut que l’équipe sorte tout son jeu pour faire de Pigs une série (ou une mini-série) digne de ce nom.

Mise à jour suite à la lecture des quatre premiers numéros qui composent le premier arc :
Il est facile de comprendre comment Pigs est passée de mini-série à série régulière, tellement son récit est décompressé. En réalité, mis à part ce que je viens de vous raconter ci-dessus, on n’apprend pas beaucoup plus de choses dans tout ce premier arc si ce n’est que les enfants entraînés ne sont pas tous acquis à la cause. Il résulte d’ailleurs une espèce d’incompréhension sur les différentes générations de plus ou moins espions et même si les scènes de l’époque actuelle qui se passent dans un commissariat sont celles qui gardent plus ou moins intact l’aspect suspense du bouquin, c’est tout de même peu éclairant pour le lecteur. Le format mensuel ne me semble pas être le plus profitable pour Pigs mais les voies du creator-owned ne permettent pas toujours de faire ce que l’on souhaite.


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Pour archive, mes petits paris :

Envie de lire la suite ? Assez.
Parution de la suite ? Oui, Image Comics a quand même la réputation de finir ne serait-ce que leurs mini-séries. Et pour Pigs, il y a une belle promo avec au moins deux couvertures spéciales pour le numéro 1.
Parution du TPB ? Logiquement, oui.
Traduction en français ? Pourquoi pas ? Le style graphique et l’ambiance polar politique pourrait bien passer par chez nous.