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Flashpoint : les tie-ins (1/3)

mercredi 19 octobre 2011, par Mathieu Doublet

Parmi les mini-séries tie-ins liées à Flashpoint, on peut dégager trois intentions : celles qui sont là pour compléter le récit principale, celles qui sont là pour montrer ce que sont devenus les personnages dans ce nouveau monde, et celles qui sont là pour nous habituer à des personnages qui seront dans le New 52.

Cette partie s’attache aux séries complétant Flashpoint.

Emperor Aquaman #1-3

(Tony Bedard / Ardian Syaf & Vicente Cifuentes)

Aquaman l’empereur vient de mettre toute l’Europe de l’Ouest par le fond grâce aux bons soins de son allié, le roi Brion de Markovie. Il est actuellement à Rome et semble touché par certaines oeuvres du patrimoine qui vivent là leurs derniers instants avant de prendre l’humidité. Mais l’image d’un certain casque fait ressurgir chez l’empereur toute la haine qu’il a pour les Amazones. Le conflit peut maintenant reprendre.

Vous n’aviez pas compris pourquoi Aquaman se battait avec les Amazones. Tout va vous être expliqué dans ses trois numéros. Rien de bien différent par rapport au monde habituel, les traîtres étant les mêmes. Si légère différence il y a, c’est dans l’origine d’Aquaman mais j’avoue que Bedard prend vraiment beaucoup de temps pour nous la raconter alors qu’il n’y avait certainement pas besoin de nous raconter une fois de plus les origines d’Arthur en quasi-identique.

Ardian Syaf & Vicente Cifuentes sont deux nouveaux talents de chez DC. On sent bien les diverses influences des deux artistes, leur fort potentiel mais aussi le fait qu’il s’agisse de débuts. On pensera parfois à Rob Liefeld, à Todd Mc Farlane, parfois à une culture légèrement mangaïsante sans que cela ne gâche vraiment la lecture. Reste à voir si les dessinateurs continueront leur heureux parcours.

La fin d’Emperor Aquaman se déroule dans Flashpoint, et donc même si elle aurait gagné à être encore plus courte, la mini-série apporte son lot de précisions.


Wonder Woman & The Furies #1-3

(Dan Abnett & Andy Lanning / Scott Clark & Augustin Padilla)

Tout avait si bien commencé. Une princesse Amazone prête à l’aventure, la découverte de la Terre et de ses mystères y compris des krakens sub-aquatiques. Puis celle des Atlantéens et leur alliance qu’il faudrait un jour révéler au monde, par le biais d’un mariage par exemple. Alors comment en est-on arrivé là alors que tout semblait promis à un futur idéal ?

C’est ce que Dan Abnett et Andy Lanning nous proposent dans cette mini-série qui montre comment Wonder Woman a été trahie par les siens. Contrairement à Emperor Aquaman qui s’intéresse surtout au personnage, Wonder Woman & The Furies se concentre sur les relations entre les deux peuples. Forcément tout cela amène beaucoup d’échos entre les deux séries et une impression de déjà-lu est impossible à éviter puisqu’on retrouve carrément des scènes identiques. Il est assez amusant de voir Aquaman et Wonder Woman ne pas réussir à s’entendre alors qu’ils sont tous les deux convaincus (à des moments différents certes) qu’ils ne sont pas coupables de ce qu’on leur reproche.

Scott Clark réalise des planches véritablement très jolie, à cent mille lieues des ancres Wildstormiennes qu’il traînait jusque là. Dommage qu’il ne tienne pas sur la longueur parce qu’Augustin Padilla n’est clairement pas du même calibre et se permet parfois des planches franchement moyennes où on s’aperçoit qu’on est passé de la case croquis à l’encrage sans passer par celle des détails.

Au final, si j’ai aimé lire le passé des deux peuples (qui sont restés tout de même 13 ans dans l’ombre sans qu’on comprenne bien pourquoi), la mini-série ne méritait peut-être pas trois numéros.


Project Superman #1-3

(Scott Snyder & Lowell Francis / Gene Ha)

Le général Lane prend la suite d’un général de l’armée de l’Air et confie au soldat Sinclair qu’il espère bien avoir un héros rapidement en face de lui. A grand renfort d’ADN extra-terrestre (plus d’info dans les numéros de la série Booster Gold mais avouons simplement que l’E.T. en question n’est autre que Doomsday), Sinclair devient le Sujet Zéro qui élimine avec une facilité déconcertante toutes les menaces que les scientifiques lui envoient. Quitte à réellement effrayer les militaires et la première mission de Sujet Zéro est si catastrophique (le héros devient rapidement berserk) qu’il faut trouver une solution pour calmer le soi-disant héros.

De Superman, il en sera question tout comme de Luthor (père) et Lois Lane. Les trois numéros donnent leur comptant d’informations avec surtout ce que devient Superman après sa disparition lors de Flashpoint et sa réapparition bien sûr qui sonnait dans Flashpoint comme un Deus Ex Machina alors que ça n’est pas le cas. Snyder et Francis mettent tout ça en forme avec un petit supplément d’émotion sans basculer dans le pathos. Comme d’hab’ dans toutes les séries, il y aura un bon lot de violence et de gore, le Sujet Zéro étant très très puissant (Sentry-like si vous voyez de quoi je veux parler).

Gene Ha réalise de jolies planches même si son style est parfois trop inspiré par la bande dessinée japonaise (ou par Madureira, ce qui revient presque au même). Là encore, la ressemblance entre Sujet Zéro et les Super-Sayiens de Dragon Ball montre bien le peu de limites du personnage.

Au final, Project Superman me semble un complément assez indispensable à la mini-série mère même si l’histoire d’un super-bourrin n’est pas franchement d’une grande utilité si ce n’est montré la folie des hommes ...


Lois Lane & The Resistance #1-3

(Dan Abnett & Andy Lanning / Eddie Nunez, Gianluca Gugliotta & Christian Duce)

Lois Lane est à Paris en compagnie de Jimmy Olsen afin de couvrir un festival de Haute-Couture. Mais bien évidemment, alors que le monde se prépare au conflit Amazones-Atlantéens, une journaliste comme Lois Lane se sent désemparée. C’est alors que le raz-de-marée emporte la France et que Lane ne trouve refuge qu’au Sacré Coeur, le point le plus haut de Paris. Là, elle est sauvée par des Amazones qui l’emportent à Londres où les soldates sont en train de recruter. Lane découvre alors que Jimmy Olsen est un agent de Cyborg dont le but est de trouver la Résistance au sein de l’Angleterre. Lane y arrivera bel et bien mais à quel prix ?

Dan Abnett & Andy Lanning, une paire de scénariste qui montre en général un sacré savoir-faire. Ils y arrivent assez bien dans cette mini-série qui complète Flashpoint par la destinée de Lois Lane et des membres de la Resistance, un bon moyen aussi de remettre Grifter dans les rails du DC Universe puisqu’il a une série rien qu’à lui dans le DC New 52. Au final, les scénaristes tissent un récit de guerre avec quelques points qui permettent de développer Flashpoint. Si les trois numéros sont assez denses, il y a aussi certains passages dont on pourrait se passer (comme les origines de Britannia par exemple).

Aux pinceaux, trois artistes, un pour chaque numéro. Le résultat est assez sympathique et m’a bien plu même s’il y a toujours des scènes assez gores (le cahier des charges était-il exigeant à ce propos) ? Eddei Nunez est encore trop inspiré par l’animation pour donner un résultat vraiment agréable, Gianluca Gugliotta a son propre style et Christian Duce produit les planches les plus maîtrisées à mon humble avis avec une ressemblance de trait avec Pete Woods. De quoi fournir un résultat assez agréable à l’oeil et pas franchement sexiste, toutes les héroînes étant bien couvertes.

Le fait que la série s’arrête en pleine action fait de Lois Lane & The Resistance une brique et pas un récit qui se tient en lui-même. Mon sentiment oscille entre l’utile et l’anecdotique donc surtout que la liaison avec Wonder Woman est très légère.


Kid Flash Lost #1-3

(Sterling Gates / Oliver Nome & Scott Kolins)

Il n’est pas toujours facile d’être un side-kick et surtout d’arriver à suivre son mentor. C’est bien ce que Bart Allen est en train de vivre, toujours à courir derrière son grand-père, le Flash revenu de la Speed Force. Mais barry Allen est beaucoup plus méchant que d’habitude et même si il est assez distant de Bart depuis son retour, il n’a jamais eu ce comportement. Et puis, il y a la ville qui n’est pas tout à fait comme bart s’en souvient, sa prothèse qui ne lui fait pas le même effet. Bref, Bart comprend soudain qu’il n’est pas dans la réalité. En se réveillant, il se retrouve dans un vaisseau de Brainiac ... sans pouvoirs.

En plaçant l’histoire 1000 ans après Flashpoint, Sterling Gates prend un sacré risque mais heureusement, il y a bel et bien un rapport avec la série mère et finalement une utilité à l’écriture de cette mini-série. Pour comprendre le début de l’histoire, il faut bien entendu savoir que Superman a battu Brainiac et qu’à partir du moment où le Kryptonien n’a jamais eu l’occasion de devenir le sauveur du monde, le robot venu du futur avait les mains libres. Le scénariste met donc à la fois cet épisode de mythologie Supermanienne avec toute la saga des Flash ce qui explique certainement qu’on ne retrouve que Barry Allen à la fin de Flashpoint et donc dans le nouvel univers DC.

Oliver Nome réussit à dessiner des planches sympathiques, légèrement inspirées par un graphisme inspiré par Michael Turner. Dommage que le dessinateur n’arrive pas à conclure les pages des trois parties, Scott Kolins arrivant en renfort mais avec un style complètement différent.

Kid Flash Lost est un complément assez intéressant à la mini-série mère, bien écrite et bien illustrée.


Reverse Flash #1

(Scott Kolins / Joel Gomez)

Ouin ouin, je m’appelle Eobard Thawne, je viens du 25ème siècle et je suis le plus grand fan de l’univers. Sauf que, alors que je voulais être adulé comme le Flash de l’époque et qu’il n’y avait plus de super-héros, le vilain Barry Allen est venu et m’a empêché d’arriver à mes fins. Mais je vais me venger, gniark gniark, gniark !

Voili voilou, Scott Kolins raconte en un numéro ce que Geoff Johns a fait en un run (j’exagère mais bon, vous voyez ce que je veux dire). Néanmoins, le Reverse Flash perd toutefois ce qui le rendait intéressant auparavant : sa volonté de créer des drames pour faire ressurgir le côté super-héroïque de son idole. Du coup, ben, c’est assez manichéen, le méchant est très méchant et le gentil, en fait, on ne le voit que très sporadiquement.

Joel Gomez est la bonne surprise du numéro avec un dessin qui semble en partie issu de l’animation. Les personnages sont parfois un poil figés mais il y a un vrai travail dans l’expression des visages et un trait assez particulier qui m’a séduit.

Bon à moins que vous ne connaissiez absolument pas le Reverse Flash, je pense que vous pouvez tout à fait vous permettre de passer à côté de ce comic-book.


Booster Gold #44-47

(Dan Jurgens / Norm Rapmund, Dan Jurgens, Ig Guara, Rick Leonardi & Don Ho)

Booster Gold débarque à Coast City, la ville de Hal Jordan, plusieurs fois rasée, la dernière destruction étant l’oeuvre du Cyborg Superman. Autant dire que le héros sponsorisé n’en mène pas large et demande à Skeets, son robot compagnon de quelle menace il s’agit. Il est loin de se douter que la menace, c’est lui, et que les militaires le prennent pour un Atlantéen. Il faut dire que les dernières fois que les choses paraissaient normales, Booster était avec Rip Hunter en train de contempler un tableau noir sur lesquels étaient écrites des choses mystérieuses "Sauvez le projet 1 !", "Wonder Woman, princesse de guerre", "Captain Cold = héros ?".

Hop, Booster Gold est le premier de tous les héros à rentrer dans le monde de Flashpoint avec la courtoisie d’avoir eu un regard sur l’univers avant que tout ne bascule. Il est donc le seul avec Flash à comprendre que l’univers n’est pas du tout comme il devrait l’être. Et finalement, même si Dan Jurgens reprend les commandes de Doomsday, la série est très agréable à lire avec des vrais combats super-héroïques et un héros qui rencontre quelqu’un, qui essaie de se faire comprendre, qui essaie de sauver son monde, bref, avec une vraie histoire qui a un début, une fin et même un petit twist en dernière page (rien d’important, mais là encore, c’est plutôt un signe d’espoir que le contraire).

Norm Rapmund commence à dessiner l’arc et cela fait bien longtemps que je n’avais pas lu un comic-book de ce dessinateur. J’ai aussi beaucoup aimé son travail ainsi que ceux des dessinateurs qui prendront la suite.

Au final, Booster Gold a au moins un arc intéressant dans la période Flashpoint. A tel point que je me demande si je ne vais pas lire la mini Time Masters : Vanishing Point qui est elle aussi très légèrement liée à Flashpoint.


Ne sachant pas comment sont réparties les mini-séries dans les différents TPB et que mon découpage est certainement différent de celui proposé par DC, je vous laisse les liens vers les 5 TPBs de tie-ins.

En VO :

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