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Scalped TPB 7 : Rez Blues

jeudi 13 octobre 2011, par Mathieu Doublet

(Vertigo / Jason Aaron / R.M. Guéra, Davide Furno & Danijel Zezelj)

Ce livre reprend les épisodes 35 à 42 de la série régulière.

S’il y a bien quelque chose que partage ce couple de vieillards, c’est bien l’amour. Perdus au milieu de nulle part, ensemble, les deux passent leurs journées au rythme des avions de chasse qui passent au dessus de leur petite demeure. Mais le temps aussi vient jouer les trouble-fêtes, chacun a ses soucis de santé et finalement, il leur devient difficile de s’occuper de leur jardin et donc de subvenir à leurs besoins. Monsieur sera-t-il suffisamment fort pour surmonter la honte qui le poussera vers le secours populaire ? Madame saura-t-elle dire à son mari combien elle l’aime avant qu’un accident ne lui arrive ?

Le one-shot qui ouvre ce Rez Blues montre bien que Jason Aaron arrive à écrire autre chose que la violence et la corruption qui règne dans la réserve dirigée par Lincoln Red Crow. Tout en non-dits, tout en voix-off, il montre comment un couple peut survivre face aux pires des cataclysmes. Un amour, une fièreté, que bon nombre de personnages de Scalped aimeraient bien avoir. Shunka, le bras droit de Red Crow, aimerait bien vivre son existence tranquillement et en paix avec lui-même, et le couple Dashiell / Carol va devoir sortir de l’impasse dans laquelle il se sont fourgués. Comme une image renversée du récit d’ouverture, leur histoire ne se passera vraiment pas bien. Tout cela autour d’une tombe et de l’arrivée d’un certain personnage qui devrait mettre son petit bronx à lui dans un contexte passablement déjà bien embrouillé. Aaron garde donc ses grands protagonistes dans sa ligne de mire et se lance dans la seconde partie de sa saga. Les familles sont toujours les éléments fondateurs de Scalped et le fait que Granny Bear prenne de l’importance en est la parfaite illustration. Bien entendu, ces familles sont complètement dysfonctionnelles, où serait le fun sinon.

Guera avait signé le précédent TPB tout seul comme un grand. Il est donc temps pour lui de faire un petit break afin de reprendre de l’avance pour les numéros suivants. Il laisse donc la main à Danijel Zezelj pour le récit d’amour du début et à Davide Furno pour le double épisode avec Shunka. J’ai l’impression que Zezelj va s’inspirer de l’art indien pour retranscrire son histoire, tandis que Furno se rapproche du style habituel de la série tout en lorgnant chez Marini, dessinateur de Gypsy, Rapaces ou L’étoile du désert, entre autres. Que ce soit l’un ou l’autre, les deux artistes sont en parfaite osmose avec leur récit, Furno allant plus vers un style noir policier à grands coups de combats et de fusillades. Guera arrive ensuite et reprend les personnages qu’il connait bien. Les femmes sont souvent superbes, la famille de Granny Bear contient toujours son lot de personnalités particulières et Dashiell va
subir une grande transformation dans sa vie, transformation parfaitement rendue à l’image.

Rez Blues reste donc dans la qualité de la série : toujours aussi noire et violente mais possède aussi quelques éclats de vie et d’optimisme qui sont autant de chances de rédemption pour les personnages que de drames à venir à cause de leur fragilité. A lire donc très vite !


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