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Vic Boone #1-3

lundi 7 novembre 2011, par Mathieu Doublet

(215 Ink / Shawn Aldridge / Geoffo)

Vic Boone est un détective privé comme les autres et à qui il arrive bien entendu des embrouilles. Après tout, un détective privé
qui n’est pas dans la mouise n’est pas un véritable détective. Et pour Boone, tout démarre par une moto qui tombe en rade. C’est le
moment idéal pour qu’une femme fatale l’aborde et lui demande de l’aider. Nina Hunt a un problème avec son mari : il la trompe et préfèrerait
la voir derrière les barreaux (pour un meurtre qu’elle n’a pas commis) plutôt que de lui payer tout ce qu’un divorce pourrait lui coûter.
Le truc épineux, c’est que Charles Hunt est le PDG de Futratech, une entreprise mondiale et donc avec beaucoup de moyens et de relations. Pourtant,
Vic accepte sans se douter bien entendu qu’il va en prendre plein la poire et risquer très très gros.

Avec Vic Boone, Shawn Aldridge attaque le thème très risqué du détective privé. Il démarre très classiquement par un rendez-vous entre le héros et la
femme qui lui apportera pas mal d’ennuis mais surprend par le monde dans lequel les personnages évoluent, à savoir un monde très robotisé et moderne, à cent mille lieues de la moto du détective privé qu’on imagine "d’époque". En 24 pages, le scénariste réussit à présenter pas mal de protagonsites (même certains qui semblent facultatifs à l’intrigue qui démarre), placer une scène d’enquête intrusive, une scène tendre et bien entendu un final "dans de beaux draps". Le tout est bien fichu à défaut d’être réellement surprenant, les personnages déjà attachants (avec les Raygun Radicals bien pathétiques comme il faut, par exemple)
et les dialogues sonnant juste.

D’autant que Vic Boone dispose d’un artiste de grande qualité. Il s’agit du français Geoffo qui a déjà bossé pour Marvel. En ce qui concerne Vic Boone, on ne peut que penser au Parker de Darwin Cooke (que Geoffo cite parmi ses dessinateurs préférés sur son DeviantArt), grâce à la présence d’aplats noirs et d’une colorisation "quatre couleurs maximum" (avec deux teintes qui couvrent le plus gros des cases - d’ailleurs, je me rends compte que la colorisation est effectuée par le scénariste). Bien entendu, Geoffo n’est pas Cooke, son style est moins cartoon et moins précis. Ceci étant, il a un style qui va à l’essentiel et qui garde une belle constance de style. Les personnages sont bien conçus et on les reconnait très facilement avec pourtant une grande variété d’expressions de visage et d’angles de vue.

A la fin des trois numéros, une conclusion s’impose : Vic Boone est un récit classique dont la qualité de la réalisation permet d’en tirer un moment très agréable. Maintenant, l’univers du détective est loin très loin d’être clos, de très nombreuses pistes permettant de vivre les aventures passées et futures du héros. Espérons donc que cette mini-série aura le succès qu’elle mérite afin de pouvoir d’autres aventures de Vic Boone et de voir son monde plus développé.



Pour l’instant, on ne trouve que le premier numéro de Vic Boone sur le site de Graphic.ly

Ce que j’en disais à la lecture du premier numéro :

Mes petits paris :

Envie de lire la suite ? Beaucoup.
Parution de la suite ? En se basant sur 3 numéros et vue la qualité de ce premier numéro, j’espère bien que oui.
Parution du TPB ? 215 Ink est une jeune maison d’édition, le TPB semble certainement dans leurs plans.
Traduction en français ? Ca serait assez sympa même si on a déjà pas mal de récits dans le genre en franco-belge.