Onirique Comics 7.1

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Hero Comics 2011

jeudi 22 septembre 2011, par Mathieu Doublet

(IDW / Neil Gaiman, Christopher Ivy, John Layman, Jason Craig, Sam Kieth, Ralph Reese & Richard Starkings / Sam Kieth, Mike Dringenberg, Christopher Ivy, Rob Guillory, Jason Craig, Ralph Reese & Doug Braithwaite)

Hero Initiative est un programme de soutien aux créateurs de comics dans le besoin. Ce peut être des artistes ayant des difficultés financières au cours de leur carrière aussi bien que d’autres ayant atteint l’âge de la
retraite et n’ayant pas suffisamment pour faire face aux aléas d’un âge avancé. C’est l’une des plus célèbres fondations avec le CBLDF dans un genre différent. Ce qui est commun, c’est que les deux projets publient
toujours un comic-book annuel dont les créateurs laissent tous les bénéfices.

Et pour le coup, HERO frappe très très fort avec tout d’abord un récit crée par l’équipe qui a signé le premier arc de Sandman. Gaiman va raconter une histoire étrange de locataire qui entretient avec la propriétaire des lieux
des relations particulières avec un décor éthéré et véritablement flippant. L’équipe composée de Sam Kieth et Mike Dringenberg va se faire un plaisir de retranscrire le malaise du texte et ce sentiment très Twin Peakesque. Bon
les amateurs de récit clair en seront pour leur frais, les images étant parfois limitées à des mariages de couleur sans vraiment aucun trait. Bonus à l’affaire : Sam Kieth dessine une petite bande dessinée illustrant les discussions
entre les trois hommes pour composer leur oeuvre. Sympa et quelque part plus amusant graphiquement.

L’équipe de Chew réalisera un petit récit où notre pauvre Tony sera pris comme cobaye pour tester un médicament particulièrement hallucinogène. Du pur délire même si tout cela ne sert pas à grand chose. On rigole tout de même bien
et Rob Guillory y va plein pot.

La seule erreur de goût, à mon humble avis, sont les deux planches de Christopher Ivy et Jason Craig qui raconte en bandes dessinées comment HERO les a aidés. Je ne sais pas vraiment comment expliquer cela mais au final, c’est loin d’être
amené finement et j’ai trouvé le ton proche de la pleurnicherie. Si les sentiments des auteurs sont sincères, je pense que quelques lignes de texte auraient pu être plus intéressantes pour le lecteur, quitte à ce que les auteurs bénéficiaires de
HERO soient plus nombreux dans leurs témoignages. Ralph Reese s’en sort nettement mieux en mettant en scène des personnages que l’on pourrait situer dans le golden age.

Pour finir, Richard Starkings nous propose une histoire d’Ebony, l’éléphant que l’on peut voir dans Elephantmen. L’histoire parlent de vieux soldats et finalement, c’est je crois le récit le plus efficace pour comprendre à quoi sert le
projet HERO Initiative pour peu qu’on transpose cette histoire dans le monde du comic-book.

Ce Hero Comics 2011 est donc une bien bonne cuvée. Espérons que pour l’année prochaine, les auteurs sauront garder un peu de plus recul dans leurs histoires pour mieux faire passer leur message.

A noter qu’il y a deux couvertures : celle de J. S. Campbell et une signée par Adam Hughes.