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Green Wake TPB 1

vendredi 26 août 2011, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Kurtis Wiebe / Riley Rossmo)

Ce livre contient les cinq premiers numéros de la série.

Morley Mack et son ami Krieger sont deux types en costumes, deux types qui ressemblent à des inspecteurs de police. Deux types qui se posent une question devant
un cadavre. Et des questions ils en ont. Parce qu’il faut dire qu’à Green Wake, on ne trouve jamais de corps. Les gens meurent oui, mais il n’y a jamais de corps.
Ils vont avoir certaines réponses avec l’arrivée inopinée de Carl et comme à Green Wake, il n’y a que rarement des coincidences, l’arrivée de Carl est certainement
liée à la découverte du corps dont la présumée coupable est une jeune femme dénommée Ariel, aperçue en train de s’enfuir non loin des lieux du crime. Reste à savoir
ce que chacun cache avant que la série de meurtres ne s’allonge, si Carl est quelqu’un à qui on peut faire confiance,
et si le passé de Morley Mack ne va pas le rattraper
au grand galop.

Image (et plus précisément la ligne Shadowline dirigée par Jim Valentino) enchaîne les séries diablement intéressantes et surtout réussies. C’est le cas de Green Wake scénarisée
par Kurtis Wiebe, canadien de son état et déjà responsable d’un Beautiful Creatures chez Red5 qu’il faudrait que je me décide à lire. Dans Green Wake, il nous dépeint un monde
glauquasse peuplé de créatures étranges, à des états différents de transformation entre l’homme et le batracien. Des batraciens qui rendent d’ailleurs encore plus poisseuse une ville
où il pleut à longueur de temps, où tout le monde semble se connaître à la perfection, dès leur arrivée et où on ne pose pas beaucoup de questions personnelles. Le scénariste nous
plonge donc en plein rêve éveillé avec une ville qui pourrait bien entendu ressembler à Silent Hill ou encore à Snowtown (la ville de Fell) bien que pour Green Wake, les choses semblent
posséder une certaine douceur (voire langueur) de vivre et font de la ville un endroit forcément moins violent. C’est d’ailleurs la violence qui va tout mettre en oeuvre et se faire mouvoir
des personnes dans un univers étrange et partagé dont il semble difficile de s’évader.

C’est Riley Rossmo qui effectue la mise en image de la série après avoir bossé sur Proof ou sur Cowboy Ninja Viking. Un artiste qui convient parfaitement à l’histoire avec
une mise en page sobre mais un style très brouillon qui mêle un trait parfois très fin (pour les visages en gros plan ou certains éléments de décors) parfois un encrage très épais ou
différentes ratures de couleur, un peu comme si vous regardiez un film au cinéma dont la pellicule aurait été véritablement maltraitée. Le résultat est d’un rare efficacité. Attention, ça va
parfois être franchement ignoble (surtout en fin de récit) mais Rossmo réussit à apporter de la classe à ses héros, une certaine douceur aux moments les plus intimes et une férocité dès que la
violence va être mise en avant.

Green Wake est donc un récit superbe, sombre, tragique et peut-être même optimiste mettant bien en scène le symbole de la grenouille. Je le conseille à tous les amateurs de récits fantastiques à la Silent Hill et je me demande ce que
l’équipe va bien pouvoir nous proposer après cette première mini-série qui clôt le destin d’un personnage.


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