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Smile

vendredi 16 septembre 2011, par Mathieu Doublet

(Scholastic Graphix / Raina Telgemeier)

Raina est en CM2 et, après une visite chez l’orthodontiste, apprend qu’elle va devoir porter un appareil dentaire. Cela ne ravit pas
vraiment la jeune fille qui ne voit pas ce qui ne va pas avec ses dents, d’autant que sa petite soeur se moque déjà d’elle rien qu’à
l’idée de voir la bouche de Raina envahie par le métal. Pourtant, tout ne semble pas si noir, quand une des copines scouts de Raina
lui dit qu’elle aura tendance à ne plus se ronger les ongles ... C’est à la suite d’une de ses réunions scouts que les filles font
une course pour ramener Raina chez elle et qu’elle tombe. Et là, c’est le drame : deux dents manquent. Après moult recherches, on retrouve
tant bien que mal une des deux incisives mais l’autre semble bel et bien enfoncée dans la mâchoire. Si Raina ne supportait pas l’idée
de porter des bagues aux dents, c’est tout une histoire avec différents dentistes qu’elle va vivre. Une histoire qui fait mal surtout
pour une fille abordant l’adolescence.

Vous voyez le topo, hein ? Smile n’était franchement pas une lecture que je me prédestinais à lire. Mais avec un Eisner Award pour "meilleure
publication pour ados", j’étais tout de même intrigué. Et finalement, malgré je sois un homme ayant terminé l’adolescence depuis un certain temps
(dixit celui qui lit encore du super-héros), le bouquin est une petite réussite. Car cette histoire de dents est le support à un récit d’adolescent
et à tous les changements qui l’attendent. L’artiste réussit à tisser son histoire qui se déroule sur quatre ans et demi de sa vie en montrant les
épreuves dentaires qu’elle doit supporter et d’autres plus humaines qui sont tout aussi éprouvantes même si elles font moins mal physiquement.
Ceci étant, ce qui change tout à mon humble avis, c’est que Raina Telgemeier ne dépeint jamais son histoire comme larmoyante. Certes, il y a forcément
des coups de blues mais on ne s’apesentit jamais dessus. Cela rend un portait de la vie nettement plus juste et montre qu’on n’est pas toujours
obligé de faire dans l’ultra-dramatique pour captiver son lecteur.

On voit que la jeune fille s’intéresse très tôt aux dessins, à l’art en général et à l’animation en particulier (le passage du fan à celui qui veut en
faire son métier étant assez bien rendu d’ailleurs). Pour le style, on peut citer la paire Art Balthazar / Franco, un poil de Bill Waterson (on peut apercevoir
un album de Calvin & Hobbes dans une case) ou ce que peut produire Terry Moore quand il prend une tournure cartoon. C’est très joli, l’encrage joliment maîtrisé tout
comme la colorisation qui donne à la fois un aspect très simple qui permet de bien décrypter les cases et garder un rythme de lecture soutenu tout en faisant oublier
les décors qui ne sont présents que quand on passe en extérieur.

Smile est donc une agréable lecture et une agréable surprise. Nul doute qu’une lectrice de collège ou lycée sera plus touchée que moi par ce bon album mais si il
m’a plu, c’est que Raina Telgemeier touche certainement à quelque chose d’universel (et non, je ne parle pas de la peur du dentiste).


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