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Rachel Rising #1-6

vendredi 10 août 2012, par Mathieu Doublet

(Abstract Studios / Terry Moore)

Une jeune fille sort des bois, sort même de terre et décide de rentrer chez elle. Elle réussit à arrêter une camionette qui la conduit à la maison mais les choses semblent avoir été assez rudes. Elle a une belle marque de strangulation et ses yeux ont eux aussi drôlement
changé. Qu’importe, un peu de maquillage (enfin beaucoup de maquillage) lui permettra de sortir de chez elle sans attirer trop d’attention mais arrivée chez sa copine mécanicienne, elle se rend compte qu’elle a oublié ce qu’elle a fait ces trois derniers jours. C’est d’autant plus embêtant que quelqu’un affirme qu’elle n’est pas celle qu’elle dit être.

C’est tout ce que l’on sait en lisant le premier numéro de Rachel Rising, la nouvelle série de Terry Moore tout droit sorti de sa maxi-série Echo. A se demander si Terry Moore n’est pas contaminé par un défaut qu’on retrouve aussi chez les frères Luna, à savoir la publication d’un mensuel et la lecture d’arcs entiers. C’était déjà le cas, dans une moindre mesure, avec Echo mais ce premier numéro de Rachel Rising enfonce véritablement le clou : on n’est pas vraiment plus avancé à la fin du premier numéro qu’au début, sauf qu’on se pose pas mal de questions et que l’ambiance bizarroïde est assez bien posée.

Par la suite, le mystère s’épaissira grandement, mettant en scène nettement plus de personnages. Et c’est là qu’on comprend mieux pourquoi Rachel Rising fonctionne : si le titre ressemble à s’y méprendre à une histoire de zombies, ce sont avant tout des personnages attachants qui réussissent même à faire de l’humour avec une condition physique passablement dégradée. Il y a aussi une énorme partie horrifique, qui ne se limite pas aux corps sans vie se déplaçant mais tout autant à une certaine propagation du Mal qu’on ne peut pas vraiment arrêter. Le personnage féminin qui semble au centre de toute l’histoire devient véritablement le synonyme d’une catastrophe à venir.

Bon, il s’agit de Terry Moore. Non seulement, l’artiste est très sympathique mais ses planches sont tout bonnement sublimes. Si la lecture de chaque épisode dure 10-15 minutes (il y a de plus en plus à lire en avançant dans le bouquin), on peut les relire un bon nombre de fois et apprécier la somme de détails inclus sur toutes les pages. Comme la scène d’ouverture par exemple, qui épaissit d’ailleurs le mystère, soyez bien attentif aux premières cases. Et même, à la lecture rapide, on appréciera le talent que possède Moore pour raconter une histoire en images, quasiment sans un mot. L’art de la Bande Dessinée en quelque sorte.
Si Rachel est une héroïne typique de Moore, elle est toutefois différente de Julie ou bien de Katchoo et Francine, les héroïnes de Strangers in Paradise. Et les personnages secondaires sont tout aussi réussis, les femmes ayant une fois de plus, la part belle dans ce récit.

Maintenant que le TPB est sorti, je peux bien vous conseiller de vous jeter sur Rachel Rising. Si on se confronte toujours à l’éternel dilemme financier du numéro mensuel / TPB, il est à noter que dans le cas d’une petite structure comme Abstract Studios, il est toujours bon de soutenir quand on en a les moyens et donc de prendre la version mensuelle.


Pour archive, mes petits paris :

Envie de lire la suite ? Certainement. Il y a du mystère dans l’air.
Parution de la suite ? Le premier numéro a eu droit à une seconde impression. Espérons que la suite connaisse les mêmes plaisirs.
Parution du TPB ? L’histoire est construite comme ça, donc on peut penser logique de voir un TPB arriver.
Traduction en français ? SiP et Echo ont eu droit à une VF. Comme Rachel Rising est un récit "de genre", il serait assez surprenant qu’on ne la voie pas en VF. Par contre,
il me semble aussi évident que les éditeurs VF attendent d’en voir plus avant de se lancer.


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Messages

  • Tu touches du doigt le soucis de ce 1er numéro effectivement.
    Je n’ai pas trouvé cela flagrant sur Echo, il se passait des choses à chaque numéro. Par contre là, j’espère vraiment que Moore va un peu condenser son écriture au 2ème numéro, c’est bien raconté mais c’est vrai qu’il ne se passe quasiment rien.
    Bon, je ne sais pas, c’est peut-être un récit à la stephen king qui commence tout doucement. On verra ce que ça donne.

  • Les mensuels, ce n’est plus mon truc. Ce sera donc TPB... enfin si j’arrive à mettre la main dessus. Je l’ai commandé à sa sortie, mais la commande a été annulée et depuis, rupture de stock. Abstract Studio a déjà fait le coup une fois sur Echo. J’avais lu deux TPB d’un coup, car il a fallu des plombes 6 mois pour pouvoir commander celui qui s’est retrouvé en rupture. C’est un peu pénible.