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Trailblazer

jeudi 8 septembre 2011, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Justin Gray & Jimmy Palmiotti / Jim Daly)

Quand Jacob Mills donne un sacré paquet d’argent à la nonne qui l’a élevé, il invente des histoires de primes pour sa profession
de chasseur de têtes et un manque certain de confiance dans les banques. Bon, c’est sûr que pour la bonne soeur, mieux vaut mentir
que d’avouer qu’il est un chasseur de têtes au sens "tueur à gages". Mais Mills va aller un peu trop loin et surtout à visage découvert.
Du coup, Sterling, un chef mafieux comme les autres va décider que ce messager va en prendre comme son patron. Et le souci, c’est que
Sterling a le bras suffisamment long pour retrouver les origines de Mills et donc faire une descente en plein orphelinat après avoir
descendue son assistante. Bref Mills est aux premières loges mais ne sera pas assez rapide pour sauver celle qui l’aura élevé comme
une mère. Et comme Mills se fait coincer par les flics, il n’a pas vraiment d’autre choix que de tout balancer. Reste sa propre protection et
pour cela, les flics ont une idée : l’envoyer dans le passé par le biais du projet Trailblazer. Au moins là, personne n’ira le chercher.

Enfin c’est ce que le héros croit et ses créateurs Jimmy Palmiotti et Justin Gray (Jonah Hex, Random Acts of Violence, ...)
vont bien entendu faire en sorte que le tueur à gages ne s’en sortent pas aussi facilement. Les scénaristes des mini-séries Freedom Fighters
sont décidément très productifs ces temps-ci, qu’il s’agisse de récits pour DC Comics ou bien en creator-owned. Comme à leur habitude, les personnages
sont toujours aussi bien décrits et dans le cas qui nous intéressent, couillus et avec des grandes gueules. De quoi faire parler la poudre avec de belles
scènes d’action assez généreuses et qui n’hésitent pas à passer au mode "rouge sang". L’idée de départ est elle aussi sacrément emballante : protéger un
témoin non pas en le changeant de place mais d’époque avec tous les soucis que cela peut occasionner.
Et c’est là que ça coince à mon humble avis : finalement que l’histoire se passe dans le far-west ou bien à notre époque ne change pas grand chose. Les flics
auraient aussi bien pu placer Mills dans un petit pays d’Amérique du Sud à la recherche de quelqu’un qui les protège, ç’aurait été quasiment la même chose.
Trailblazer est tout sauf un récit fantastique avec des paradoxes temporels, il y a bien une machine à remonter dans le temps, cela occasionne des règles bien
précises et du coup, des moyens pour tout remettre d’aplomb si en cas de pépin mais au final, on ne verra pas l’avantage à situer cette action dans le passé.
Ajoutez à cela qu’il y a certains petits détails qui peuvent à la fois laisser penser à un manque de rigueur mais qui peuvent être tout autant d’occasions
de créer une suite qui permettrait de voir comment un homme du futur peut combattre une organisation quelque peu dépassée par son invention.

L’autre souci de Trailblazer, c’est le graphisme. Jim Daly (dont je ne connais pas vraiment son travail, tout juste ai-je lu qu’il avait bossé sur une adaptation
d’Halloween et sur Ghost Rider 2099) ne propose pas un graphisme des plus séduisants. Rien à dire quant à la mise en scène en elle-même ou bien le physique des personnages.
Par contre, les visages sont le plus souvent assez affreux, irréguliers et certains personnages masculins se ressemblent trop pour qu’on puisse bien suivre l’histoire. Jimmy
Palmiotti, qui encre, n’arrive malheureusement pas à sauver les meubles à tous les coups et j’ai cru apercevoir le boulot d’Amanda Conner sur une ou deux pages, certainement
afin de boucler le boulot en temps et en heure.

Trailblazer a le même défaut que The Tattered Man à savoir un goût de trop peu. Si j’étais certain que Trailblazer ait une suite, je serais intéressé
et commanderais cette suite à coup sûr. Mais pour l’heure, dans le cadre d’un one-shot, le récit est trop léger et le dessin ne permet pas de le sauver.


Trailblazer est disponible en comic-shop ainsi que sur Comixology, au même prix que la version papier
mais avec le script en bonus.