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Starman TPB 1 : Sins of the father

samedi 17 mars 2007, par Mathieu Doublet

(DC / James Robinson / Tony Harris)


Jack Knight est un jeune homme à qui la vie ne sourit pas. En tout cas, il aimerait certainement qu’elle
soit meilleure. Sa mère est morte et ce qu’il reste de sa famille est plus attaché au super-héroïsme qu’à lui.
Son père, Ted Knight, était l’ancien Starman, protecteur d’Opal City, ville où la criminalité est réellement
basse (bien plus qu’à Gotham naturellement, mais aussi plus basse qu’à Metropolis, ville protégée par Superman).
Et son frère, David, scientifique de génie tout comme leur père, a naturellement repris le costume.

Mais malheureusement, David est abattu par balle. Le héros n’a pas pu éviter le projectile tiré par un sniper embusqué.
Le père est donc en train de pleurer son fils et Jack ne supporte pas le manque d’estime que son père lui porte. Il
faut dire que Jack a toujours eu une sainte horreur de l’accoutrement de super-héros ridicule et que tout ce qui
l’intéresse, ce sont ses collections dont son magasin de bric et de broc est rempli.

Ce que Jack ignore, c’est que celui qui a tué son frère ne compte absolument pas s’arrêter là et ses propres jours sont
en danger. Du coup, si Jack refuse catégoriquement de porter le nom de Starman et même d’être un super-héros, il va devoir
sauver sa peau en affrontant des personnes ayant bien moins de scrupules que lui à utiliser tout le folklore de gadgets,
de pouvoirs et de costumes.

James Robinson signe dans ce premier tome une formidable introduction au monde de Starman, monde quasi-parfait et à son
héros-qui-ne-veut-pas-l’être, Jack Knight. Un homme auquel on s’identifie tout à fait : fan de beaucoup de choses (dont de comic-books) mais qui ne comprend pas qu’on puisse envisager de vivre une vie identique dans le monde réel.

Le scénariste développe aussi toutes les relations conflictuelles que Jack Knight entretient avec son père et avec son frère et qui peuvent rappeler au lecteur des moments vécus. (Ca a été le cas pour moi.) Les "méchants" ont aussi une structure familiale assez proche ainsi que les "seconds rôles" de ce premier TPB. La famille a donc une grande importance et gageons que ce côté familial permettra à l’auteur de développer son univers à la fois dans le passé mais aussi dans le futur.

On peut aussi voir dans le décalage entre les générations celui du monde des comic-books : un décalage entre les vieux comic-books d’une ère quasi-parfaite et le côté très proche de la réalité (ou en tout cas qui tente de s’en approcher) des comics modernes.

Ajoutons à cela le personnage ambigu de The Shade et l’épisode où Jack Knight va rencontrer son frère parmi les morts (et qui laisse
entendre que ces rencontres seront régulières) pour achever le tableau d’une série très accrocheuse.
Petit bémol peut-être sur certaines scènes dont la violence est assez graphique. Robinson a cosigné le début de la série Hawkman avec
Geoff Johns et si on souligne le pathos et la violence gratuite de Johns dans beaucoup de ses productions, on peut penser que Robinson l’a bien inspiré.

Graphiquement, c’est Tony Harris qui est le dessinateur régulier de la série et qui restera un petit moment. Je ne connaissais Harris que par le biais de son travail sur Ex-Machina avec Brian K. Vaughan. Autant dire que son style sur Starman est réellement différent mais
très accrocheur et propre : on n’est pas dans le cas d’un dessinateur qui se cherche encore. Sur Starman, le trait de Harris est assuré. Il est
plus sombre, avec plus d’aplats noirs que dans Ex-Machina (ou Down par exemple), moins détaillé. Le style ombré amènera logiquement à penser à Mike Mignola mais Harris a tout de même son propre caractère.

Réussite aussi bien scénaristique que graphique, Starman mérite que l’on s’y intéresse et je regrette de n’avoir découvert cette série que maintenant et je compte bien suivre l’aventure.

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