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Freedom Fighters #1-9 : American Nightmare

vendredi 2 septembre 2011, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Justin Gray & Jimmy Palmiotti / Travis Moore)

Un groupuscule aryen qui cherche à envahir un casino géré par des indiens d’Amérique ? Une météorite à faire passer d’un côté
de la Terre à l’autre pour éviter que la planète ne se fasse pulvériser ? Une créature tentaculaire qui zombifie tout ceux qu’elle
touche ? Aucun souci, les Freedom Fighters sont là pour vous aider. L’équipe constituée de Firebrand, Black Condor, Human Bomb, Phantom Lady
et The Ray est appelée par leur mentor Uncle Sam car il y a grande urgence. En effet, la vice-présidente des Etats-Unis vient de se faire
kidnapper par une personne pouvant se téléporter. Cette dernière exige qu’on lui remette trois artefacts appartenant à une société secrète
datant d’avant la guerre d’indépendance, les Arcadiens. Et vus que les artefacts sont placés dans des endroits pas forcément super faciles
à atteindre, c’est à l’équipe de super-héros "fonctionnaires" de faire le sale boulot. Bien entendu, ils rencontreront des ennemis de taille
comme ces quatre démons élémentaux indiens, bien contents qu’on les ait enfin libéré de leur prison ...

Ca commence fort, très fort pour cette troisième mini-série consacrée à Uncle Sam et ses potes (la première se trouve ici et la seconde,
Brand New World, là). Les membres de l’équipe sont dépeints comme des professionnels aptes à tout type de menace et capable de soulever
des montagnes ou presque (dans le style spectaculaire, ce qu’arrive à faire Phantom Lady est assez impressionnant). Jimmy Palmiotti et Justin Gray
arrivent donc dès le début à nous faire comprendre qu’on n’a pas à faire à des seconds couteaux et que si les Etats-Unis ont une équipe de super-humains
à leur service, ce sont des bons éléments. Comment donc faire pour qu’ils s’en prennent plein la tête pendant toute une mini-série, tout en se débrouillant
pour finir correctement et classiquement l’histoire ? Et bien, tout simplement en utilisant assez peu de Deus Ex Machina et en faisant en sorte que les ennemis
que les Freedom Fighters vont affronter se disent qu’ils ont certainement mieux à faire que de discuter et d’achever leurs adversaires qui n’en valent pas la peine.
Parce que l’équipe, aussi puissante soit-elle, va devoir faire avec des ennemis "bigger than life" ou dont le nombre fait qu’ils vont rapidement être dépassés.

Il faut dire aussi que les vilains que dépeignent Gray & Palmiotti sont nettement plus subtils que d’habitude. C’est peut-être là qu’est le point fort de l’histoire :
il n’y a pas vraiment de gentils et de méchants, les barrières entre le bien et le mal sont des plus subtiles, les prisonniers que l’on rencontre l’étant parfois à tort,
et les héros prennent des décisions peu humanistes (enfin, c’est surtout le cas pour Miss America, patriote avec des oeillères). Si le titre de l’histoire est American
Nightmare, elle porte bien son nom et voit s’affronter deux visions d’une Amérique qui se cherche en temps de crise. Bien entendu, comme dans tout conflit politique, il
est très difficile de dire si l’une ou l’autre des parties a entièrement raison, la vérité se trouvant souvent dans les deux camps, un côté très bien rendu dans le final
de cette mini-série.

Travis Moore est un artiste qui monte et que l’on voit de plus en plus souvent chez DC. Je n’ai chroniqué que son boulot sur Last Stand of New Krypton mais depuis,
le dessinateur a aussi officié sur Wonder Woman, Zatanna, JSA All-Stars, Titans ou encore Adventure Comics. J’ai été très agréablement surpris par le travail de Moore qui est
à la fois très classique et très joli à regarder. Ca reste du comic-book de super-héros avec une mise en page qui y correspond parfaitement, les scènes de combat étant bien
musclées. Ceci étant le dessinateur ne rechigne pas à dessiner des pages et des cases avec énormément de personnages. Là encore, chacun y a sa place et les angles de vue choisis
sont tous différents et donnent une certaine densité aux pages. Il y a, en plus, aussi beaucoup de décors qui fait qu’on a droit à des pages très généreuses.

Cet American Nightmare est donc une très bonne surprise où le comic-book prend une allure politique qui a plus d’ampleur que dans les mini-séries précédentes (pourtant le personnage
de Firebrand dans la première mini-série mettait la barre déjà assez haut) et qui pose assez de questions sur les événements que peut vivre l’Amérique et les questions qui en émergent.
Dommage que la mini-série ait été coupée au neuvième numéro, faute de ventes. Un dernier numéro que les auteurs ont transformé en épilogue et laisse la voie ouverte à une quatrième mini-série.
C’est tout ce que j’espère.