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Cowboys

dimanche 25 septembre 2011, par Mathieu Doublet

(Vertigo / Gary Phillips / Brian Hurtt)


Deke Kotto est un flic et un dur, le genre à prendre tous les risques histoire de coffrer un malfrat, quitte à laisser sa famille
de côté. Quand son patron voit une belle promotion arriver, il se dit qu’il faut qu’un de ces agents réussissent un gros coup. Ca tombe
bien, le cadavre de leur dernière affaire était un avocat qui bossait pour Scarpagio, un homme d’affaires connu pour blanchir l’argent de
vilains trafiquants.
Tim Brady est lui un agent du FBI dont le patron a entendu d’un certain imam pouvait être impliqué dans des affaires terroristes. L’agent
doit donc inflitrer le milieu ce qui n’est pas très facile quand on a des racines irlandaises. Brady va donc se faire passer pour un comptable
juif ce qui va lui ouvrir les portes de la grosse boîte de production de rap de Mig Coles, qui se trouve être le cousin d’Aziz et qui semble
le financer dans toutes ces actions.
Ce que les deux hommes de loi ignorent, c’est que leurs affaires sont liées et qu’avec des agendas différents, ils risquent de se mettre des bâtons
dans les roues.

Je me disais, en lisant Cowboys, que tout cela me rappelait beaucoup la mini-série Angeltown, et surprise, il s’agit du même scénariste.
Gary Phillips, auteur de nombreux récits noirs (romans, nouvelles ou comics), met donc en scène un sacré panier de crabe avec deux flics que tout oppose
aussi bien dans leurs méthodes de travail que dans leurs valeurs familiales. Il décide bien entendu de leur faire vivre une véritable chute en Enfers même
si cette chute est moins dure que
dans certains autres récits du même genre. En tout cas, chaque personnage va voir ses ambitions nettement descendues alors
que les événements prennent des tournures inattendues et que certains autres protagonistes décident de prendre leur propre vie en main. Cowboys contient bien
entendu les éléments chers au noir : dames fatales, sexe, drogue & argent. De quoi tenter même le meilleur père de famille de la Terre.
Heureusement pour le lecteur, Phillips est moins cliché que dans Angeltown en choisissant aussi d’attaquer le milieu du crime blanc. La trame se déroule bien
même si j’ai trouvé que sur la fin, les événements étaient un peu précipités, surtout par rapport au début de l’intrigue qui prend bien soin de mettre les "héros" et leur
couverture en place. Si la collection Vertigo Crime se veut un équivalent imagé des romans pulps (même présentation au niveau de la taille - poche cartonné - et du papier),
je pense que Cowboys aurait certainement été plus long si ç’avait été un roman.

Difficile de parler du travail de Brian Hurtt, parce que j’adore vraiment le travail de ce dessinateur. Cowboys ne fait pas exception. S’il y avait quelque chose
à redire sur les pages de Cowboy, c’est qu’on discerne difficilement les origines éthiques de certains personnages, le tout étant souvent précisé soit par le nom
du personnage ou bien par le dialogue qui a lieu en même temps. C’est un léger détail parce que pour le reste, c’est du tout bon, l’artiste maîtrise à merveille
l’ambiance polar (il faut dire qu’avec The Damned, il a déjà l’habitude des bandits).

Mise à part sa conclusion un poil expédiée, Cowboys est un roman graphique noir qui est très agréable à lire, remplissant toutes les tâches qu’on lui a donné. C’est un
récit musclé à la conclusion cynique où personne ne sortira indemne.


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