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Chester 5000 XYV & Celluloid

vendredi 23 septembre 2011, par Mathieu Doublet

Chester 5000 XYV (Top Shelf / Jessica Fink)

Celluloid (Fantagraphics pour la VO - Delcourt pour la VF / Dave Mc Kean)


Il est parfois étrange que deux livres se ressemblant énormément fasse partie d’un même achat. Ou alors, c’est un sacré coup d’efficacité de la part d’Amazon.
Bref, si je savais ce qu’il y avait dans Celluloid, je me suis surtout laissé tenter par Chester 5000 XYV pour sa couverture sans savoir que les sujets des deux
livres étaient proches.

Car il s’agit bien là de deux livres qualifiés d’"érotiques" sur les sites marchands et les quatrièmes de couvertures mais qui se révèlent être carrément pornographiques.
Attention, donc, à ne pas les laisser dans les mains des plus jeunes. Vous voilà donc prévenus, si vous n’êtes pas intéressés par des personnes ayant des relations très
poussées et très graphiques, passez votre chemin.

Les deux histoires sont pourtant différentes : dans Chester 5000 XYV, un scientifique créé un robot pour assouvir la passion de sa femme qui ne le laisse pas réaliser ses
recherches tranquilles. Il est loin de se douter que le robot va aussi prendre sa place dans le coeur de la dame. Concernant Celluloid, c’est l’histoire d’une jeune femme qui
va regarder un film qui lui ouvrira une espèce de porte magique la mettant dans une mise en abîme un peu particulière.

Histoires différentes, artistes différents et bien sûr propos différents, les visions de la sexualité étant quasiment opposées. Alors que Jessica Fink tisse
dans Chester, une histoire d’amour (y compris d’un amour charnel consommé), McKean va proposer un parcours finalement très solitaire où l’héroïne expérimente avec
des créatures fantasmées et dessinées et termine son séjour dans une relation réaliste mais teintée de fétichisme et d’une exhibition pas forcément très bien assumée. Chez McKean
toujours, la relation hétérosexuelle est d’ailleurs représentée plus violemment que les autres. Si cela n’est pas forcément le cas de la scène masquée, l’autre scène
mettant en scène un diable, avec une couleur rouge qui gagne du terrain, m’a semblé assez dure. Fink aura une vision plus tendre (mais loin d’être fleur bleue) et plus ronde avec
des enluminures "art nouveau" tout au long des pages.

Il y a tout de même des points communs chez les deux artistes : le sexe, c’est tout d’abord un ou des corps qui se contorsionnent et si les films pornographiques ressemblent souvent
plus à de la gymnastique qu’à autre chose, les corps de tous les protagonistes, dès qu’ils sont dessinés, se déforment à l’envie dans le simple but de se faire plaisir. Des images
donc maîtrisées et complètement dédouanées de tout texte. Les images se suffisent à elles-mêmes, y compris dans les scènes où le sexe n’est pas représenté, et sont très percutantes.

Visuellement, les deux livres sont totalement différents : Fink utilisant des personnages ronds, mignons, et des tons rosés tandis que McKean, comme à son habitude, change de supports
mêlant dessins, collages, photos voire même film. Encore de quoi différencier les oeuvres et le but de leurs créateurs.

Voilà donc deux livres à ne pas mettre entre toutes les mains, deux visions différentes de l’amour et du sexe, qui sortent pourtant au même moment. A conseiller aux amateurs de Filles Perdues
par exemple.


Pour acheter ces livres : (Je ne différencie pas VO / VF puisque les deux livres ne contiennent pas de texte.)

Sur Amazon.fr : (Fantagraphics puis Delcourt pour Celluloid)

Sur Amazon.com :