Onirique Comics 7.1

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Red Eye, Black Eye

mercredi 21 septembre 2011, par Mathieu Doublet

(Alternative Comics / K. Thor Jensen)


Plus de job, plus de copine, la proprio de son appartement qui demande qu’on lui rende pour le premier du mois qui arrive. K. Thor Jensen est un New-Yorkais qui n’a finalement plus rien. Pour ajouter aux mauvaises nouvelles, sa grand-mère vient de mourir. Alors le jeune homme place les quelques affaires qu’il lui reste et se dirige vers une station Greyhound. Les Greyhounds sont des bus qui traversent l’Amérique de long en large pour une somme relativement modeste, il faut simplement être patient et Jensen a tout le temps qu’il lui faut. Le voilà parti à la découverte de son pays faisant des escales parfois chez des amis, parfois chez des relations virtuelles faites sur Internet. Est-ce que le grand voyage changera sa vie ?

Red Eye, Black Eye se situe donc dans le récit quotidien dont raffolent les Américains, plein de relations humaines et de tranches de vies plus grandes que le pays lui-même. Sauf que pour Jensen, dont le voyage démarre bien par une situation assez tendue, les visites seront parfois très étranges et révèleront des côtés de l’Amérique pas toujours très reluisants. Quand l’auteur dit à un de ses hôtes qu’il ne tire rien de son périple, c’est quand même assez inexact car il garde à chaque fois une histoire racontée par une personne qu’il a rencontrée. Plusieurs personnes et autant d’histoires différentes, qu’elles soient amusantes, tristes, effrayantes, ou bien tout simplement banales. Le pire étant quand une certaine personne n’a absolument rien à raconter, c’est peut-être là qu’on touche le fond.

De quoi remplir un épais bouquin format poche dont chaque page est composée invariablement de six cases. Pas besoin de se poser beaucoup plus de question, formellement, Red Eye, Black Eye est là pour raconter une routine un peu particulière et la mise en page renforce bien cet effet avec une dernière page qui prend tout son sens alors qu’elle est quasiment vide. Je ne dirais pas que K. Thor Jensen a un style particulièrement fouillé. Les personnages sont différents mais on repère facilement comment il les construit d’autant que le trait n’est pas spécialement fin. Ceci étant, chaque case dispose de pas mal d’éléments de décor et l’auteur ne se livre pas souvent au syndrome de la case vide.

Red Eye parce que l’auteur a déjà dû avoir des crises d’insomnie (pas facile de dormir dans un bus), Black Eye parce que c’est ce que Jensen espère recevoir d’ici la fin de son voyage. Le livre est donc une expérience de lecture sympathique dans le rayon "tranche de vie". Est-ce que je l’aurais pris au prix fort de la couverture ? Je ne pense pas. Mais les six euros que j’ai déboursé en le prenant d’occase les valent bien.


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