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Holed Up #1-3

lundi 5 septembre 2011, par Mathieu Doublet

(Avatar / Rich Johnston / Gonzalo Martinez)

Pour la famille Holed, la journée commence toujours par les parents qui se réveillent au son du ... réveil ... et à celui du flingue
du paternel qui se fait toujours un plaisir de dégommer l’objet qui l’a sorti de ses rêves (et sans silencieux, s’il vous plait). Ensuite,
il est temps de faire les plans de la journée et pourquoi ne pas aller au grand supermarché des armes afin d’acheter aux deux bambins de
la famille leur premier calibre. Et tant pis si la grande soeur gothique ne vient pas, ce sera toujours l’occasion de sortir mémé, ancienne
nazie, de son bunker personnel à condition de bien annoncer le mot de passe de la journée.

Bienvenue chez les Holed, une création de Rich Johnston, plus connu pour gérer le site Bleeding Cool, là où on
apprend toutes les nouvelles dans le monde des comics. Johnston va taper là où ça fait mal en mettant en scène une famille américaine dans ce
qu’elle a d’absolument le plus détestable : racistes (drapeau sudiste accroché à la maison), amateurs d’armes (à feu ou non), complètement paranoïaques
(ils sont absolument contre le gouevernement), les Holed sont des gens qui font ce qu’ils veulent, dont les amis font ce qu’ils veulent et qui
entretiennent même entre eux des relations où la blessure d’autrui ou la torture sont des monnaies de négociation.
Pour mettre ça en scène et même si c’est publié chez Avatar (label qui publie absolument n’importe quoi qui ferait scandale), il faut que la
pilule passe chez le lecteur et donc, ce plat de psychopathes sera accompagné par une sauce humoristique. A commencer par la couverture du numéro 1
où M. Holed lit sur un flingue "déconseillé pour les moins de 3 ans". Sa femme de répondre "Ben oui, tirer sur plus jeune que ça, c’est pas du jeu".
Vous voyez un peu le topo, c’est comme ça tout au long des trois numéros. Et ça marche plutôt bien, à partir du moment où on ne soucie plus du tout
du réalisme (si M. Holed flinguait son réveil chaque matin sans silencieux, ça ferait belle lurette que le couple serait complètement sourd), le
scénariste peut aller jusqu’au bout du n’importe quoi. En sachant que les Holed finiront en territoire arabe, vous comprendrez que le comic-book
vise les grandes largeurs.

J’avais quelques inquiétudes quant au dessin. Les couvertures ne sont tout de même pas superbes et le label Avatar n’a jamais vraiment mis le paquet
sur la qualité du dessinateur, ou tout du moins, embauché un dessinateur qui fasse un travail qui me plaise (je trouve que les artistes bossant sur
ce label font toujours un travail assez sale avec des personnages pas franchement bien dessinés). C’est Gonzalo Martinez, artiste chilien, qui se charge
de tout et l’intérieur, en noir & blanc, est nettement plus sympathique. Les personnages sont réalisés pour faire du cartoon et son style m’a beaucoup plu,
d’autant qu’il évite de réaliser des gros plans qui en voulant être trop précis, perdre le côté humoristique du titre. La copie est propre et assez avare en
détails. Si l’ambiance générale est à la rigolade, on n’est pas non plus chez Tom McWeeney qui aurait placé des petits détails de ci de là complètement idiots.

Le tryptique Holed Up fut donc finalement, une surprise très agréable de par son côté humoristique noir et rentre-dedans qui fait plus dans la critique de notre
société que dans le gag pipi caca. Avec une histoire bien construite qui va quand même très loin, il est étrange que Holed Up n’ait connu ni tradepaperback, ni suite.