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Batman : Year 100

lundi 12 mars 2007, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Paul Pope)

2039. Les toits de Gotham. Et un Batman largement blessé, cherchant à semer les panthères de Gotham, des soldats
appartenant aux forces fédérales du pays. Quand les dirigeants aperçoivent les images de la poursuite à travers
les caméras implémentées dans les rétines de leurs chiens de garde, leur sang ne fait qu’un tour. Cela fait bien
5 ou 6 ans qu’ils n’ont pas entendu parler d’un justicier en cape. Et là, leur tombe tout cuit dans le bec, la
Rolls des personnes non-identifiées : le Batman de Gotham. Mais Pravdzka, chef des fédéraux, s’il prétend que le Batman n’existe absolument pas, qu’il est une légende urbaine et rien de plus, veut quand même en avoir le coeur net et appréhender ce justicier.
Il faut dire qu’un homme libre dans ce monde où les couvre-feux sont assez réguliers est du genre à gêner. Surtout quand
un officier fédéral est tué et que ses supérieurs veulent à tout prix couvrir l’affaire, même aux yeux des forces de police
de Gotham et de leur commissaire Jim Gordon.

Batman Year 100 se passe donc 100 ans après sa première apparition. Et bien entendu, cela ne manque pas de marquer les esprits
des fédéraux qui vont chercher à tout prix à trouver qui peut bien se cacher derrière ce masque, faire des sauts prodigieux, conduire des véhicules de façon spectaculaire et pourtant avoir près d’une centaine d’années. Mais ce n’est pas sur ce mystère que va se concentrer Paul Pope qui ne répondra pas à la question et laisse planer un énorme doute sur la réelle identité de ce Batman.

Etrange d’ailleurs que le comportement de ce scénariste / dessinateur qui cherche à la fois à coller à un certain réalisme et à ne pas
chercher à gérer certains détails comme l’âge de ses protagonistes (comme l’âge du Jim Gordon de ce bouquin qui est censé être le petit-fils du Jim Gordon que nous connaissons à seulement trente ans d’écart de nous). Pourtant il n’est marqué nulle part que ce récit est un Elseworld, un récit parallèle à la continuité (certes malmenée) que nous connaissons.

Pourtant, c’est bien dans cette optique qu’il faut prendre Batman Year 100. Un récit proche de la science-fiction avec beaucoup de gadgets et
d’avancées technologiques mais aussi très proche de notre réalité. Le livre nous présente un monde noir dans lequel les pouvoirs ont empiété
largement sur la liberté individuelle et où Gotham nous est toujours présentée de nuit et de préférence dans un état fort délabré. De ce côté-là, Paul Pope s’en tire haut-la-main et présente un récit bien noir et très énergique, très dynamique (notamment dans les nombreuses scènes de poursuite que contient cette aventure). De fluidité, il est aussi question dans la forme du bouquin car, sauf à les chercher précisément, on ne sent pas les coupures entre chaque partie de cette mini-série (qui en contient 4).

Batman est donc relooké et les bonus en fin d’album nous présentent les travaux de recherches de Pope qui semble s’être creusé les méninges pour créer un costume réaliste pour le héros. Vraies bottes de militaire, costume en tissu qui fait des plis, masque rafistolé et fausses dents, voilà un Batman qui va réellement faire peur en navigant entre réalité et horreur.

Question bonus, on peut rajouter des communiqués des télévisions et des forces fédérales qui, si elles ajoutent un petit plus dans l’immersion du bouquin, ne me semblent pas d’une importance capitale. Ce Batman Year 100 contient aussi une courte histoire extraite de Batman Chronicles #11 aussi créée par Paul Pope,
dont c’était le premier boulot pour DC et le premier boulot mainstream. Il dépeint un Batman à Berlin se battant contre les nazis. Là encore, on ne peut pas dire que l’artiste s’étouffe dans la logique (Baruch Wane est supposé être à la fois un notable allemand et juif, alors que dès le début de l’histoire, les nazis ont commencé leur attaque contre le peuple juif). On appréciera les améliorations de l’artiste et le gain apporté par la colorisation dans Batman Year 100.

Bref, Batman Year 100 est un bon récit essentiellement pour ses composantes graphiques et pour son intrigue qui se lit sans déplaisir. Il faut juste que les lecteurs s’attendent à quelques illogismes et ne soient pas allergiques au style de Pope qui n’est clairement pas ce qu’on a l’habitude de lire en comic-book.

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Messages

  • Je pense que cette histoire de Batman se déroule en temps réel est et hors continuité, un peu comme l’Elseworld Generations de Byrne, ce qui n’est donc pas choquant pour voir le petit-fils de Gordon en 2039.
    Pour la 2ème histoire, l’influence et la richesse de Wayne a peut-être réussi à effacer le fait qu’il soit juif aux yeux du pouvoir en place. Tu as remarqué l’identité du méchant du Batman de Berlin ?