lundi 28 novembre 2011, par
(Vertigo / Bill Willigham / Bill Willigham & Paul Guinan)
Le livre reprend les six parties de la mini-série.
(Article republié pour l’occasion d’une chronique croisée avec le site BOBD.)

Joey Martin travaille au casino Thunder Road à Las Vegas. Il fait partie d’une espèce de joueur un peu particulière : en effet, il est payé pour jouer. Pas pour tricher, non, non et l’argent qu’il mise est bel et bien le sien. Mais il est là pour s’asseoir pour engager la partie et dès que les partenaires de jeu sont lancés, il peut se retirer de la partie. Pour Joey, c’est un moyen comme un autre d’accumuler les dollars et de peut-être pouvoir accéder à un grand tournoi qui lui permettra enfin d’empocher le gros lot. S’il tente à chaque fois de dépenser le moins possible, il lui arrive toutefois de payer des coups et pour cela, il sort la blague de ’tu me donnes ton âme contre une bière gratis’ ? Et comme les gens acceptent, le voilà avec 32 petites promesses de don d’âmes. Pour Joey aussi, tout cela n’est qu’une immense supercherie, mais pour les anges comme pour les démons, Joey a avec lui une manne irrésistible et le voilà abordé par un ange XXXXXXL (au moins) et par une démone bien entendu hyper sexy qui vont tenter de récupérer ce que Joey a encaissé. Les deux camps ont de bons bluffeurs parmi eux, Joey sera-t-il capable de ne pas se faire entourlouper ?
Avant Fables (vous saviez qu’il y a des guides de lecture sur ce site ?), Bill Willingham tente l’aventure de la mini-série chez Vertigo. C’est l’univers du poker qui est ici abordé avec tout ce qu’il peut y avoir d’entourloupes. C’est à dire finalement assez peu car Willingham pose bien les règles et chaque camp, s’il utilise des méthodes peu recommandables, reste toujours fidèle à un certain nombre de règles. On suivra donc le pauvre Joey Martin qui sera baladé dans divers univers le temps qu’il se fasse une opinion sur la destination de la poignée d’âmes qu’il possède. L’occasion de retrouver pas mal de figures mythologiques qui ne seront pas sans rappeller celles que l’on peut rencontrer dans Fables. Le final, d’ailleurs, montre une ressemblance étonnante avec la composition du gouvernement dirigé par le Prince Charmant. En attendant, le scénario de Willingham suit son cours tranquillement, relativement logiquement. C’est peut-être ce qu’il y a de particulier (et peut-être décevant pour certains lecteurs) : il n’y a pas particulièrement de mise en danger du héros ni de grands retournements de situation.
Willingham illustre le premier numéro de la mini-série et s’en sort avec tous les honneurs. Il est pourtant rapidement remplacé par Paul Guinan qui a un style un peu plus fin et surtout nettement plus cartoon. Le récit étant humoristique, il fallait peut-être quelque chose de plus souriant et de moins réaliste. Au final, tout ce petit monde est très charmant, les héroïnes sont bien entendu de véritables pin-ups et les anges semblent issus de la dernière ligue de catch ou d’ultimate fighting.
Proposition Player est donc un récit fort agréable qui pose la question de l’âme, de sa reconnaissance, et de ce qu’on peut en faire avec. Tout cela avec humour mais aussi avec un manque de rebondissements, ce qui en fait une expérience de lecture qui change du reste de la production.
Un autre avis et un peu de musique pour aller avec ?
Allez donc jeter un oeil sur l’avis de F@b sur son site BOBD
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