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Poe #1-4

mardi 6 septembre 2011, par Mathieu Doublet

(Boom ! Studios / J. Barton Mitchell / Dean Kotz)

Edagr Allan Poe vient de perdre sa femme Virginia et n’a plus la possibilité d’écrire quoi que ce soit. En s’évadant pour la
troisième fois de l’hôpital pour aller visiter la tombe de sa femme, Poe pose beaucoup trop de problèmes au personnel de l’établissement
ainsi qu’aux autres patients. Comme l’écrivain s’est interné de lui-même, l’hôpital appelle son frère afin qu’il le fasse sortir de là afin
que la vie de chacun soit plus aisée. Reste à savoir comment Edagr est capable de savoir qu’une jeune fille s’est pendue autrefois dans la
chambre qu’il occupe ... Mais le frère de l’écrivain est appelé pour enquêter sur une mort suspecte. Le policier demande donc à Edgar de se
tenir tranquille mais celui-ci n’y tient plus et découvre suffisamment d’indices pour se lancer dans l’affaire. Une affaire qui a des versants
surnaturels tandis qu’un corbeau surveille les allées et venues de l’écrivain.

La mini-série Poe se rapproche beaucoup de The Strange Adventures of H.P. Lovecraft : on prend un écrivain qui a produit des récits surnaturels
et on le confronte à des événements s’y rapprochant tout en les faisant vivre dans le monde réel. On retrouvera bien entendu de nombreux éléments de récits
écrits par Poe, notamment La chute de la maison Usher et Le Corbeau. J. Barton Mitchell se garde bien de prendre trop de moments de l’histoire personnelle
de l’écrivain. Oui, ce dernier a eu un bon nombre d’hallucinations (l’alcool et la drogue aidant) et on peut bien imaginer qu’il ait fait quelques séjours
en maison de repos. Et c’est à peu près tout. C’est d’ailleurs un choix plutôt sensé alors que dans la véritable histoire de Poe, le poème The Raven et la nouvelle
The Fall of the House of Usher ont été écrits avant la mort de sa femme. Il est étrange dès lors que Poe ne soit pas conscient des éléments de l’intrigue qu’il vit
avec ses précédents écrits. En ce qui concerne l’intrigue en elle-même, elle est bien menée, le duo consititué par Edgar et son frère, réaliste et éclairé du surnaturel, fonctionne tout à fait
jusqu’à un final explosif.

Quant à Dean Kotz, je vous avoue que je ne suis pas forcément super client de son style. Attention, je reconnais tout à fait un certain savoir-faire au dessinateur qui
donne des planches ayant de l’énergie et des personnages que l’on discerne facilement. L’action se passant de nuit ou dans des maisons sombres, l’ambiance ne permet pas de
bien lire les traits. La colorisation de Digikore Studios n’y aide d’ailleurs pas. Non, c’est juste que les personnages ne sont pas très séduisants et qu’il semble difficile
pour le dessinateur de garder à la fois un dessin très réaliste (l’écrivains ressemble vraiment beaucoup aux photos que j’ai pu voir de lui) et des cadrages variés. Ceci étant,
comme je le disais, Kotz montre qu’il sait dessiner.

Globalement, Poe est une mini-série agréable à lire et il est aussi à noter qu’elle se suffit à elle-même ce qui est plutôt rare pour un titre sorti chez Boom !. Maintenant, que ce soit
Poe ou un autre personnage ne change pas grand chose à la donne et les erreurs de chronologie (s’il n’y a pas une volonté par la suite) amoindrissent l’utilisation du personnage.


Pour acheter ce livre :

La mini-série n’a jamais été compilée en TPB.