Onirique Comics 7.1

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Monsieur Personne

vendredi 12 août 2011, par Mathieu Doublet

(Vertigo - Panini Comics / Jeff Lemire)


Large Mouth, 754 habitants, un gros village où on trouve "les plus grosses perches du monde". Voilà un endroit perdu au milieu de nulle part où John Griffen a décidé de se rendre. Pensant pouvoir être tout seul, il ne se rend pas compte que c’est tout à fait le genre d’endroits où les nouveaux venus sont dévisagés de la tête aux pieds. Forcément, pour Griffen, cela ne va pas être aisé, notamment parce qu’il est totalement recouverts de bande et porte de grosses lunettes noires. De quoi faire tourner les têtes et imaginer les plus grands fantasmes aux habitants du village. Il n’y a guère que Vickie qui éprouve un peu de sympathie pour lui mais là encore, l’amitié entre une jeune fille et un étranger est tout sauf acceptable dans un endroit comme Large Mouth.

Jeff Lemire est l’auteur de l’excellent Essex County ou encore des séries régulières Sweet Tooth et Superboy. Avant de lancer sa série chez Vertigo, Lemire aborde l’élément manquant entre ses deux grandes oeuvres précédemment citées. En effet, dans The Nobody (titre original de Monsieur Personne), on rencontre un petit village et tous ses avantages et surtout ses inconvénients. On est donc dans un milieu fermé où tout le monde connaît tout le monde ainsi que les secrets les plus intimes. Lemire développe donc encore plus avec ses deux personnages principaux deux évasions : Griffen veut échapper à son passé tandis que Vickie cherche, elle, a s’évader de son présent et surtout d’aller dans une grande ville ou tout du moins dans un endroit différent. La jeune fille a déjà goûté au doux parfum de la grande ville et compte bien y retourner. Griffen, lui, cherche plutôt à résoudre un gros gros problème et à échapper à ses démons. Par rapport à Sweet Tooth, on retrouve un élément légèrement fantastique et scientifique qui se occasionnera tout un drame.
Le bouquin se laisse lire d’une traite sans aucune difficulté, il faut dire aussi que Lemire utilise plus un langage graphique et qu’il est assez économe en mots. Ca n’a rien de dommageable et c’est aussi pour ça qu’on lit des bandes dessinées. Comme d’habitude, la mise en page classique et les cases bien cadrées donnent tout le sens nécessaire au livre (même si j’avoue ne pas avoir bien compris la présence des cases "en biais" en dehors d’un effet esthétique).

Si vous avez déjà jeté un oeil au boulot de Lemire, vous savez bien que l’artiste a un style très particulier et pas vraiment très glamour. D’un côté, le style est impeccable pour rendre des personnages bourrus et pas forcément très éduqués. De l’autre, le style s’oublie très vite tellement l’histoire est prenante. Les planches sont ici réalisées en noir et blanc avec quelques traits bleus qui permettent de donner des effets de vitesse ou de volume.

Monsieur Personne est donc une histoire sympathique, bien développée et à la conclusion en clin d’oeil, pleine de cynisme. Moins "épopée rurale" qu’Essex County, moins fantastique que Sweet Tooth, je vous conseillerais bien de lire Essex County d’abord. Si c’est déjà le cas, alors vous pourrez lire Monsieur Personne avec beaucoup de plaisir.


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