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Shuddertown #1-4

samedi 6 août 2011, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Nick Spencer / Adam Geen)

Isaac Hernandez est un flic. Mais plutôt du genre à philosopher sur la vie et à se présenter comme un menteur. Oui, c’est tout à fait
le genre à fréquenter des club de strip-teaseuses et à abuser de certaines substances plus ou moins licites. Alors, non, n’allez pas comprendre
ce que je n’ai pas écrit, Hernandez n’a pas l’air d’un flic ripou mais il a par contre de sérieux problèmes personnels (y compris familiaux). Et pour
ne rien arranger, on le colle sur une histoire de meurtre ayant lieu à Shuddertown, une ville ghetto où les installations communes
se sont très rapidement dégradées et n’ont jamais été rénovées ... Quand Hernandez apprend que le meurtrier est en fait déjà mort et qu’il a enquêté sur
le dossier il y a maintenant deux ans, deux possibilités se présentent : ou la personne n’est pas vraiment morte, ou il y a anguille sous roche. Dans les
deux cas, Hernandez est mal. Et filer un flingue, fût-il déchargé, à une strip-teaseuse pour qu’elle fasse fuir son ex-mari, n’a rien d’une très bonne idée.

Nick Spencer, je ne vous le présente plus (Forgetless, The Infinite Vacation, Morning Glories - tiens, j’ai oublié de l’écrire, celle-là).
Le scénariste joue cette fois-ci, la carte du policier hard-boiled et bien noir comme il faut avec un héros déjà tombé bien bas. Le but du jeu est donc
de l’envoyer encore plus par le fond en lui donnant parfois l’idée que les choses peuvent s’améliorer. Et àa ce petit jeu, Spencer va se faire plaisir. Son
héros a bien des amis ou des sources de relative affection mais s’il prenait ne serait-ce qu’un peu de recul, il verrait bien que sa position de policier lui
interdit de fricoter avec ces personnes. L’auteur va aussi s’amuser à tabasser son héros dans les grandes largeurs, de quoi certainement provoquer chez un homme
déjà fragile psychologiquement quelques hallucinations. Hallucinations qui permettent un découpage des planches parfois très chaotique. Ca n’est pas toujours des plus compréhensibles et c’est souvent à ce moment-là que la voix-off
se tait. Mais elle est déjà suffisamment cryptique en temps normal alors finalement, il n’est peut-être pas mauvais qu’elle se taise parfois.

C’est Adam Geen qui est en charge des planches et j’avoue que son style me plaisait assez au départ. Il ressort assez vite de la colorisation une inspiration assez claire
venant d’un artiste comme David Mack. Ensuite, le dessinateur se sert visiblement d’une table lumineuse pour réaliser ses personnages. Tant que le modèle n’est pas forcément
reconnaissable, ça ne pose aucun souci, d’autres dessinateurs prennent des modèles, les font poser et les dessinent ensuite. Même si on est plus proche du roman-photo que
de l’exercice de l’illustration. Par contre, j’ai bien reconnu Giovanni Ribisi dans le troisième numéro. Du coup, on cherche qui a bien pu
servir de modèle pour les autres personnages et James McAvoy (Charles Xavier dans First Class) ou James Gandolfini (Mr Soprano) se révèlent parfois.

Au final, Shuddertown est trop introductif malgré ses quatre numéros, les choses n’avancent pas vraiment et on attend au moins une situation un peu tendue qui relance l’attention. Cette scène
n’arrive qu’en fin de numéro 4 et appelle donc bien entendu une suite. C’est là que le bât blesse puisque cela fait presque un an que le cinquième numéro aurait dû être publié. Spencer a déjà annoncé chez
News@rama que la série rédémarrerait un jour, cela fait tout de même un petit moment qu’elle aurait pu repartir. Pendant ce temps,
le hardcover se vend tranquillement. Est-ce qu’il y a eu trop de ressemblance graphique entre la bande dessinée et un film ou une série ? Bonne question. En attendant, je ne suis personnellement pas très
pressé de connaître la fin de cette histoire.


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